LA COULEUR JAUNE

La Couleur Jaune écrite par Elodie Greffe est la deuxième nouvelle de l’Anthologie Demain : Nos Libertés, dirigée par Cécile Durant.

Bonjour Élodie,

Bonjour !

Tu m’as as déjà accordé un interview pour ton roman jeunesse « les Contes du Grand Chêne » (LIEN) dans lequel tu nous faisais part d’autres projets et te voici dans « Demain : nos libertés », un véritable grand écart. D’où ma première question, travailles-tu différemment entre un texte jeunesse et un texte adulte ?

Oui et non. Le travail de base est le même : développer une idée, regarder ses personnages grandir et mûrir, voir l’histoire prendre forme et en assurer la cohérence, mais je m’adresse à un public différent et, forcément, cela influe sur ma façon de faire.

Je peux me permettre une certaine liberté de ton, et une explicitation de la violence, dans un texte adulte, ce que je n’envisagerai même pas pour un texte jeunesse.

 Je pense que tous les thèmes peuvent, et doivent, être abordés en littérature jeunesse, même les plus difficiles, mais, en tant qu’auteur, il est de notre responsabilité d’être particulièrement vigilent à la forme de nos récits et au choix de nos mots lorsque l’on s’adresse à un jeune public.

Quel format préfères-tu roman ou nouvelle ?

Ils ont chacun leurs avantages. Le roman permet de passer plus de temps avec ses personnages, de développer d’avantage son histoire. La nouvelle impose plus de contraintes et nous pousse à aller à l’essentiel mais avec le même objectif : avoir un impact sur le lecteur, le faire ressentir, réfléchir. C’est très stimulant. Ecrire des nouvelles est formateur et frustrant, cela nourrit ma créativité, c’est quelque chose d’essentiel pour moi, même si je préfère, quand même, le format roman à cause de la liberté qu’il permet.

Comme tu l’as indiqué dans ta présentation sur le site de nos éditions (LIEN), tu es enseignante comme l’héroïne de ton histoire. Conçois-tu l’écriture comme un support pour transmettre un savoir, des idées ou des sujets de réflexions ?

Pour le moment, je ne suis pas enseignante. J’ai étudié pour le devenir, mais je n’ai pas (encore) exercé. Devenir professeure était mon rêve d’enfant. J’ai décidé de cet objectif à l’âge de quatre ans et je n’en ai jamais démordu de toute ma scolarité. Mes différents professeurs ont eu un impact très important dans ma vie, en général, et dans mon rapport aux livres et à l’écriture en particulier. Les enseignants étaient, et sont toujours, mes héros, mais les conditions d’exercice sont devenues tellement difficiles à l’heure actuelle, que je ne sais pas si je serai à la hauteur, alors oui, écrire est aussi, à ma petite échelle, un moyen de transmettre et d’induire une réflexion chez le lecteur. La lecture ne peut remplacer l’instruction mais est, pour moi, un complément important sinon essentiel qui participe à l’enrichissement intérieur de l’individu, à sa remise en question et à son ouverture sur le monde.

Dans ta nouvelle à l’avenir sombre, la ségrégation ethnique est poussée à son extrême. Pourquoi avoir choisi de traiter cet aspect de privation de libertés ?

Le rejet, la haine de l’autre car « différent » est quelque chose qui me révulse et me terrifie. Constater à quel point cette haine gangrène encore nos sociétés en 2020 et voir des individus se revendiquer fièrement racistes ou xénophobes, sur les réseaux et dans leur vie de tous les jours, me révoltent. Je ne comprends pas comment on peut, encore, en être là, comment on peut laisser passer ce genre de comportement. Cela m’angoisse pour l’avenir. Une société qui exclue est une société qui perd son humanité. Pour moi, cela s’imposait dans la dystopie. En développant cela à l’extrême dans ce texte, même si, malheureusement, l’histoire nous a déjà montré qu’extrême ne veut pas dire impossible, je voulais faire réfléchir les lecteurs. Comprennent-ils vraiment ce que rejeter l’autre implique ou peut impliquer ?  Est-ce vraiment ce qu’ils veulent pour la société ? Le racisme tue, encore aujourd’hui.  

Ton héroïne, Alice, passe « de l’autre côté du miroir ». La référence est-elle purement affabulation de ma part ou est-ce volontaire ? Car après tout, cet autre monde qu’elle va découvrir est pure folie humaine.

Le passage d’un monde à l’autre, et avec lui la figure d’Alice aux pays des merveilles, est un thème récurrent dans mes écrits. La bascule peut être physique, le personnage est alors placé dans un environnement qui lui est totalement étranger, ou plus symbolique, le personnage acquière des connaissances qui lui permettent d’avoir un autre regard sur le monde qui l’entoure, pour le meilleur ou, souvent, pour le pire. C’est une bonne façon de questionner ce qui nous entoure, et nous même par la même occasion. La référence est donc volontaire.

Ici, Alice combine les deux situations, le monde qu’elle découvre lui semble étranger mais c’est aussi le sien. On peut avoir l’impression qu’elle change d’univers mais, tout ce qui se passe, a lieu au bout de sa rue. Il n’y a pas deux mondes : l’extérieur et l’intérieur, mais un seul qui choisit d’exclure une partie de ses membres. Elle le savait, sans savoir vraiment ce que cela pouvait impliquer, elle est confrontée brutalement à la réalité.  Le fait que ce qui se passe à l’intérieur des murs soit toléré, voir encouragé en dit beaucoup sur la société dans laquelle vit Alice.

On peut se poser la question de savoir si l’extérieur est vraiment maintenu dans l’ignorance par la force ou s’il préfère ignorer ce qui se passe de l’autre côté des murs. La responsabilité n’est-elle que politique, étatique, où chacun a-t-il sa part de responsabilité parce qu’il soutien, tolère, accepte, excuse, détourne le regard, ignore, plus ou moins volontairement, ce qui se passe ?

Merci, Élodie, avant de laisser les lecteurs découvrir les premières lignes de ta nouvelle, voudrais-tu ajouter quelque chose sur ta nouvelle ?

J’ai conscience que cette nouvelle peut être assez dure et violente, à l’image des sujets qu’elle aborde mais j’espère malgré tout vous avoir donné envie de découvrir Alice et de franchir les murs avec elle.

Retrouvez toutes les Editions Kelach sur notre site :

Editions-Kelach.com

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LA LOI DU TALION

La loi du Talion est une des nouvelles que vous trouverez dans l’Anthologie « Demain : Nos Libertés ».

Son auteur, Gilles Madic, nous en parle.

Bonjour Gilles.
Ton récit ouvrant le bal de Demain : nos libertés, à toi d’inaugurer cette série de présentations des nouvelles dystopiques qui sont regroupées dans cette formidable anthologie.
Comme l’indique ta courte biographie (LIEN), tu es un jeune auteur fervent de récits courts, même si tu te lances également dans le roman. Peux-tu, en quelques mots, nous présenter ta nouvelle la Loi du Talion ?

GM : Un fait divers sert de prétexte au vote d’un décret fondé sur l’ancestrale loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent : les meurtriers subiront les horreurs qu’ils ont commises et leur châtiment sera diffusé en prime time. Un homme ordinaire prend goût à ce divertissement..
Ce récit raconte la dérive d’un homme et du système judiciaire.

Le sujet central de la Loi du Talion est la justice ou plutôt la punition face aux actes criminels. Ton récit va bien au-delà de la peine de mort. Pourquoi avoir choisi ce thème ?

GM : La peine de mort a été abolie il y a bientôt quarante ans. Pourtant, le consensus autour de cette mesure reste fragile. Plus de 50% de Français sont favorable à la peine capitale s et ce chiffre progresse depuis 2010 : le débat est loin d’être réglé. Certains partis surfent soufflent sur les braises, il suffit d’une étincelle pour mettre le feu à notre Constitution. Un changement de gouvernement, par exemple. Chaque scandale participe à influencer la population dans ce sens, je suis angoissé par la radicalisation des opinions et la libération de discours nauséabonds. Mon récit se déroule d’ailleurs dans un futur pas si lointain.

La Loi du Talion parle également de l’addiction télévisuelle et le voyeurisme morbide. As-tu eu une source d’inspiration romanesque pour ceux-ci ou est-ce simplement la déferlante de télé-réalités plus exhibitionnistes les unes que les autres qui t’a interpellé ?

GM : Les émissions de télé-réalité qui ont déferlé dans les années 2000 se sont essoufflées, elles n’intéressent plus grand-monde. En revanche, le voyeurisme a pris d’autres formes avec les réseaux sociaux. On s’exhibe volontairement, pour la plupart d’entre nous, on se compare, se juge, nous sommes tous un peu voyeurs. Si l’on ajoute à cela une propension naturelle de l’homme à la fascination pour le sordide, le terreau est là pour un voyeurisme morbide.

J’ai trouvé ta nouvelle passionnante et dure, mais aussi dérangeante. Avec son début (à lire plus bas), tu nous plonges dans une actualité prégnante et, de fait, nous rallies à l’opinion du narrateur avant de glisser vers l’effroyable, imposant une véritable réflexion aux lecteurs, presque une exploration de leurs convictions et de leur conscience. En écrivant la Loi du Talion avais-tu ce but en tête dès le départ ?

GM : Je voulais montrer à quel point notre opinion peut être amenée à changer vis-à-vis de certains principes moraux. Cette modification peut se produire en douceur, insidieusement, grâce à des arguments qui peuvent paraître censés. Si l’on ne fait pas attention, on peut tous basculer dans l’inhumanité. Je pense qu’il est important de s’imposer des moments de réflexions calmes, loin de l’agitation des réseaux sociaux et de l’information en continu dont on nous abreuve, de ce présent qui nous colle sans cesse. Un peu de philosophie, de recul, des dialogues argumentés et posés peuvent aider à sortir de cette frénésie et de cette violence grandissante.

Merci, Gilles, pour cet échange, à présent, laissons aux lecteurs découvrir les premières lignes de ta nouvelle :

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[Extrait] L’Ingénieur de Noël

Venez découvrir les trois premiers chapitres de L’Ingénieur de Noël, un conte destiné aux 5 ans et plus.
Il vous conduira dans une quête menée par le gobelin Oblio et la lutine Pilila, ainsi que tous leurs amis. Ensemble, ils doivent trouver une solution pratique et écologique à la construction d’un nouveau traîneau pour le Père Noël. S’ils échouent, des enfants risques d’être déçus à Noël.

Un roman jeunesse à retrouver sur notre site : Les Editions Kelach.

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[Roman] L’Atelier

Si les Lutins de Kelach éditent en premier lieu de la fantasy, nous ne sommes pas contre quelques pas de côté.
Le roman dont nous vous présentons le début aujourd’hui fait partie de ceux-là, comme un coup de cœur.

Ecrit par Florence Albouy-Hamitri, L’Atelier nous dévoile par touches, une année d’atelier d’écriture. Nous apprenons à découvrir les différents participants, découvrons peu à peu leur personnalité, leurs difficultés et leurs aspirations. De véritables extraits de vie bel et bien ancrés dans la réalité.

Place à la découverte :

Un roman à acquérir sur notre boutique et à savourer bien confortablement installé.


La Boutique Kelach

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[Sortie] Contes des 2 Comtés : Les Contes du Soleil Levant

L’univers des Contes des 2 Comtés s’enrichit d’un nouveau tome qui va vous conduire loin de l’île jumelle de ce monde. Vous allez découvrir un double de l’univers créé par Mestr Tom, mais sous inspiration nippone.

La princesse Chrysanthème est encore dans ses jeunes années. Elle va partir à la découverte de ces terres étrangères afin de retrouver des artefacts magiques pour retourner chez elle.

Elle y rencontrera des personnages dérivés de contes traditionnels, mais aussi une jeune femme qui a pour habitude de doubler des voix de dessins-animés, dont celle d’un héro bien connu… Aventures et dangers sont au rendez-vous.

Découvrez ici le début de ce que les lutins Mestr Tom, Romane Gobillot, Annick De Clerq sans oublier Régi pour la couverture, vous ont imaginé :

Et pour en savoir plus et acquérir les Contes du Soleil Levant, c’est sur notre site des Editions Kelach.

La série des Contes des 2 Comtés est un partenariat avec l’Académie de Minuit.

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Le chant de l’âme

Ultime extrait du Cycle des Gardiens, recueil des 4 romans fondateurs de l’univers d’Orobolan créé par Mestr Tom.
Cette ce dernier récit, l’auteur nous plonge dans un Orobolan contemporain sous la tutelle rigide de consortium sans scrupules.

Imaginez un monde où cinq entreprises contrôlent la musique que vous écoutez, les habits que vous portez ou encore la télévision que vous regardez. La musique n’est plus que formatée par la grande Starpop, leader mondial de la chanson.
Seul le clan vampirique de la Lune Bleue résiste encore aux despotes. C’est dans ce monde que Thomic, dernier descendant d’Erebios, doit vaincre le Mal. Mais existe-t-il encore des survivants de chaque ethnie ancestrale d’où pourrait surgir des Elus ?

Un récit ajouté d’une conclusion au Cycle des Gardiens où devront s’unir les 4 pour un dernier combat dont ils ne sont pas sûr de sortir gagnants.

Pour acquérir le Cycle des Gardiens, rendez-vous sur la boutique des Editions Kelach.

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L’inconnu de la hunelle

Nous avons déjà parlé sur ce blog des Portes de l’Agartha de Vendarion d’Orépée. Cette seconde nouvelle de l’auteur publiée au sein de l’anthologie « Fantastique en pays de Chièvres » s’inscrit dans l’univers de ce roman, même s’il n’est pas utile de l’avoir lu pour se délecter de cet inconnu de la hunelle.
Voici comment il nous présente son texte :

Le soldat inconnu a réellement existé…
Et au risque de choquer les familles des vaillants poilus de Verdun, je dois préciser qu’il était allemand et que son histoire se passe à Chièvres, en 1944.

Les historiens de l’occulte savent qu’il possédait une épée magique, qu’il possédait des pouvoirs et luttait contre un — ou plusieurs — sorciers, mais nul ne sait quels étaient ses véritables but et commanditaires.
Et nul ne sait qui il était bien sûr… sinon il ne serait pas inconnu.

Retrouvez « Fantastique en pays de Chièvres » sur le site des éditions Kelach.

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La deuxième prophétie

Nous voici de retour dans l’épopée centrale du monde d’Orobolan créé par Mestr Tom. Troisième roman inclus dans le recueil Le Cycle des Gardienes, La deuxième prophétie nous embraque une dernière fois à l’époque médiévale du continent de Kalonbleizh face aux manigances de Cristal.
Les Gardiens père et fils, vont avoir fort à faire pour réunir des Elus aptes à sauver le monde des griffes du dieu déchu.

Alors que dans une grotte, quelque part dans le royaume, deux mages discutent du destin du monde, le jeune Kharon, soldat de la garde royale, se prépare pour une nomination importante, mais tout bascule. Le voilà entraîné bien malgré lui dans un conflit qui dure depuis dix mille ans.  Sous quelle forme le Mal sera-t-il de retour cette fois et qui est ce mystérieux personnage qui suit tous les faits et gestes de nos héros ?

Un roman a retrouvé aux Editions Kelach aux côtés des autres romans indépendants de l’univers d’Orobolan.

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Les Contes Hors-Série : Extrait.

Mest Tom, créateur de l’univers des Contes des 2 Comtés prend ici sa plume pour écrire plusieurs nouvelles piochant dans divers personnages de son monde que nous retrouvons au détour des autres romans de la série.

Si l’ensemble des neufs romans de cette série forme un tout cohérent dans lequel plusieurs personnages se retrouvent d’un livre à un autre, tout comme les autres les Contes Hors-Série peuvent se lire sans avoir lu les autres tomes.

Vous retrouverez bien sûr la princesse Chrysanthème, le Roi Conteur ou Sombre, mais aussi d’autres moins mis en avant dans les autres tomes comme la Fée Line, Ombre ou Ouf.

Voici le début de la première nouvelle de ces contes :

Et bien sûr, si cet extrait vous a séduit pour acquérir les Contes Hors-Série ou tout autre roman de cette série, rendez-vous sur le site des Editions Kelach.

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Derrière les murmures

Constant Vincent a imaginé 2 nouvelles pour l’Anthologie « Fantastique en pays de Chièvres ». Voici sa présentation de son second récit très éloigné de son premier et quin va vous conduire dans d’obscures recoins d’une léproserie.

Sur la route, près de la ville de Chièvres, se trouve une léproserie. Un lieu simple pour des gens simples, pieux et bons. Mais si votre regard se pose sur la chapelle, si vous trouvez la force d’en franchir le seuil et marchez jusqu’en son chœur, alors vous découvrirez un secret, fait de douleur et de tristesse, dont personne n’ose parler à voix haute.

Un secret, mais également un mensonge. Et quand vous l’aurez compris, il sera temps de vous demander : êtes-vous prêt à découvrir ce qui se cache derrière les murmures ? »

Une nouvelle à découvrir en entier dans l’Anthologie que vous trouverez sur le site des Editions Kelach.

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