[Interview croisée] Fantastique en pays de Chièvres (seconde partie)

Suite et fin de notre interview croisée des quatre auteurs de notre anthologie chièvroise…

Si vous n’avez pas lu le début, c’est ICI

Le petit jeu du croisement de cette interview va vous faire parler de l’un des textes, autre que le(s) vôtre(s), se trouvant dans cette très belle anthologie. La question est simple (ou pas) : qu’avez-vous particulièrement aimé dans le texte que je vous indique ? (Eh oui, je ne vous laisse pas le choix ou presque).

Stéphane Triquoit (ST) [sur l’un des deux textes de V. D’Orépée] : « Un dialogue qui amène bien son lot de révélations, avec de multiples références à l’imaginaire wagnérien dans « L’inconnu de la Hunelle ».

L’inconnu de la Hunelle : lire le début.

Églantine Gossuin (EG) [sur l’un des deux textes de C. Vincent] : « Parlons donc du texte suivant « Le Rêve des ombres ». Avec Constant, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Il surprend par son style, nous tient en haleine par le suspens qui règne dans ses textes et c’est ce qui est le plus alléchant. C’est justement ce climat que j’aime particulièrement au cours de cette nouvelle. Au bout de quelques lignes, on ressent bien l’atmosphère de l’histoire et on n’a qu’une envie : tourner les pages pour  en connaître la suite. »

Le rêve des ombres : lire le début

Constant Vincent (CV) [sur le texte de S. Triquoit] : « Stéphane apporte une très grande attention aux détails historiques, c’est important pour un récit qui se passe dans un cadre comme celui qu’il a choisi. Quand j’écris, j’ai souvent du mal à me forcer à faire des recherches pour être précis, vraisemblable, j’ai tendance à me dire que certains détails sont sans importance ou chargeraient trop l’écriture. Mais souvent, ce sont ces détails-là qui donnent au récit la touche de crédibilité nécessaire pour que le lecteur oublie que ce qu’il lit est une fiction, et Stéphane n’a pas peur d’éplucher tout un document pour trouver ce genre de pépites. »

L’aigle et le loup: lire le début

Vendarion d’Orépée (VdO) [sur le texte de E. Gossuin] : « Un beau jour, Églantine est venue nous présenter un récit qui n’avait rien à voir avec le projet dont elle nous avait parlé la réunion précédente : c’était un étrange récit à la première personne dont le héros, un jeune voleur dont nous ne savions rien, se réfugiait dans une forêt magique poursuivi par des hommes d’armes, les animaux et les plantes de la forêt volant à son secours. Ni nous, ni Églantine elle-même ne savions qui était ce personnage, mais nous voulions tous en savoir plus et, peu à peu, la légende de la forêt de Cervia est née.
L’intérêt de cette nouvelle, outre sa genèse très particulière, est la leçon qu’on peut tirer de la curieuse association des personnages que tout oppose : un voleur à moitié sauvage, une magicienne érudite en quête de vengeance et une reine des elfes. Malgré ces différences (ou peut-être à cause d’elles), ce groupe triomphe de l’adversité. Une leçon que ceux qui travaillent dans l’édition devraient méditer. »

Le fils du forgeron : lire le début

Continuons sur l’échange que vous avez su si bien faire durant votre atelier d’écriture et lors de votre dédicace réussie à Huissignies (Belgique). Je vous invite à poser une question à l’un de vos collègues et là encore, je ne vous laisse pas le choix :

VdO à S. Triquoit : « Alors qu’il y a tant de magie en Irlande, tant de mystères dans la cordillère des Andes et tant de secrets enfouis dans les sables d’Égypte, pourquoi diable cette passion exclusive pour la Ruritanie ?« 

(ST) : « Il est erroné de dire que ma passion va exclusivement vers la Ruritanie, un pays imaginaire qui a donné son nom à un sous-genre de récit d’aventures se passant dans des contrées fictives d’Europe centrale, comme par exemple Tintin et le Sceptre d’Ottokar. J’en parle souvent car c’est le projet de récit le plus élaboré sur lequel je travaille, parce qu’il faut bien imaginer et construire toute une Histoire politique, sociale et culturelle de deux pays s’inspirant de l’Allemagne et de la Tchécoslovaquie au Moyen-Âge.
Quant à l’Histoire, le folklore, les légendes et mythologies des différentes régions du monde, elles constituent mes sources d’inspiration majeures pour mes récits, mais s’inscrivent plutôt dans des récits courts, comme des nouvelles ou des one-shots, plutôt que dans une longue saga élaborée sur plusieurs tomes. »

EG à V. D’Orépée : « Quels sont tes principaux sujets d’inspiration ? »

(VdO) : « Tout ce que je lis, tout ce que je vois et tout ce que j’entends est une source possible d’inspiration, autant dire que je ne risque pas d’en manquer. Mon univers de fantasy mêle les légendes de la table ronde avec les stéréotypes « classiques » du med-fan donjon, avec mon point de vue particulier.
Ainsi, j’ai créé mon « université de magie » à l’époque où j’étais encore aux études secondaires, dans un internat que je trouvais assez pénible. J’y ai intégré les querelles des mages de haut rangs pendant ma brève période de militantisme politique et Fizran l’assassin est arrivé tout naturellement avec l’influence d’auteurs qui ont campé des personnages hauts en couleur, en particulier Hugh-la-Main dans Les Portes de la Mort de Margaret Weis et Tracy Hickman, et L’Assassin Royal ensuite.

Pour Les portes de l’Agartha, j’ai puisé dans mes connaissances et mon intérêt pour la 2e Guerre mondiale, les mythologies, et je me suis laissé influencer par un roman fantastique (dans tous les sens du terme) de James Herbert, La lance, qui évoque une secte néo-nazie en quête d’une lance magique liée aux mythes du Graal et dont le décorum tourne autour du Parsifal de Wagner (qu’on retrouve dans le discours du sorcier « Barbo » et dans les références de « L’inconnu de la Hunelle »). »

CV à E. Gossuin : « Si tu ne pouvais absolument pas écrire dans le style fantastique, écrirais-tu quand même ? Et, si oui, dans quel genre ? »

(EG) : « Bien sûr que j’écrirais ! L’écriture est nécessaire, indispensable à mon être. Le fantastique permet de s’évader et multiplie les possibilités mais n’est pas nécessairement le seul genre avec lequel je me sens à l’aise.  Avant d’oser le fantastique, je m’étais plutôt axée sur la poésie, la prose, en abordant des sujets du quotidien. Je continue encore à m’aventurer dans le domaine de la poésie, mais j’aimerais approfondir l’exercice de la nouvelle.
Le décès d’un proche il y a peu m’a fait prendre conscience de la nécessité de vivre pleinement chaque jour, et j’ai envie de parler de ce sujet un peu plus « terre-à-terre » dans une prochaine nouvelle. »

ST à C. Vincent : « As-tu un roman ou une saga d’ampleur en projet ? Si oui, en quoi cela consiste-t-il ?« 

(CV) : « Je ne sais pas si on peut vraiment considérer cela comme une saga d’ampleur, mais j’ai effectivement une série de deux livres minimum, dont l’un consistant en un recueil de nouvelles, en projet. Sans vouloir trop en dire, disons que le premier relatera différents moments de la vie d’une jeune aventurière dans un monde fantastique. Le second se déroulera quelques années après la fin du précédent et sera le récit de l’existence de plusieurs personnages, bons et mauvais, qui vivent une existence influencée par les actes passés de cette aventurière et de ses compagnons. Cette partie-là pourrait éventuellement se décliner en plusieurs volumes. Navré pour le manque de détails, mais l’histoire est toujours en formation et je préfère ne pas risquer de dire une chose qui changerait par la suite. »

Merci à tous les quatre d’avoir joué le jeu et merci pour vos textes qui sont venus merveilleusement créer Fantastique en Pays de Chièvres. Un dernier mot ?

(VdO) : « Si je devais répondre littéralement, j’hésiterais entre « camion » et « pouet pouet ».
Plus sérieusement, je pense qu’il y aura d’autres ateliers d’écriture et d’autres anthologies, même si j’ai dû y consacrer énormément de temps de préparation. Mais j’ignore encore dans quel cadre et dans quelles circonstances. L’essentiel est que cette expérience m’a permis d’entrer en contact avec des personnes exceptionnelles (les co-auteurs bien sûr, mais aussi tous ceux qui nous ont aidé à diffuser l’anthologie) et ce résultat valait bien ces efforts. »

(ST) : « Eh bien, vu que nous sommes tous des écrivains en devenir, je souhaite que l’inspiration nous vienne à tous et que chacun réussisse dans ce qu’il entreprendra. »

(EG) : « À mon tour de présenter mes remerciements aux participants de l’atelier pour leur bonne humeur, leurs échanges constructifs, leur esprit critique, pour m’avoir permis de vivre cette expérience ! Enfin, toute ma gratitude à l’équipe des Lutins de Kelach pour le suivi, la lecture, relecture… des textes, les corrections, la patience que celles-ci nécessitent. Quand on est débutant en écriture, on marche un peu sur des œufs, on sait ce qu’on veut raconter dans les grandes lignes, mais pas toujours comment y parvenir. En étant bien entouré, tout paraît soudainement bien plus clair ! Alors gratitude à la vie et à vous tous ! »

(CV) : « Asclépiade. »

Et n’oubliez pas de retrouver Fantastique en pays de Chièvres sur notre site :

Editions Kelach

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[Interview] Tiphaine Levillain, autrice de L’Ingénieur de Noël

Bonjour Tiphaine. Tu es l’autrice de ce merveilleux livre de l’avent qu’est L’Ingénieur de Noël. Mais avant de parler d’Oblio et de Pilila, peux-tu nous parler un peu de toi ? Qui es-tu et quels sont tes ouvrages antérieurs les plus notables ?

Bonjour ! Je pense pouvoir me définir comme une artiste pluridisciplinaire (art de rue, création de costumes, de décors, événementiel…) qui se passionne pour les histoires. Depuis toujours, tout ce que je fais à pour but d’en raconter, d’une façon ou d’une autre, et l’écriture est mon activité principale pour ça.

Côté édition, L’Ingénieur de Noël est l’un de mes premiers livres, avec Voyage en terres sauvages et Panique au Muséum (qui n’est pas encore sorti), qui mettent en scène deux lutins, deux personnages récurrents dans mes histoires, une exploratrice pour le premier et un détective pour le second.

Pourquoi as-tu choisi de t’orienter vers la littérature jeunesse ?

Quand j’ai écrit L’Ingénieur de Noël, je l’ai plutôt abordé comme un ouvrage convenant à tous les âges et donc devant être accessible aux plus jeunes.

Mais au-delà de ça, je m’intéresse de plus en plus à la littérature jeunesse depuis que je suis tombée enceinte et que j’ai commencé à me questionner, et surtout, à découvrir que les histoires que nous lisons enfants influencent notre vision du monde bien plus qu’on ne l’imagine.
Je me suis ainsi découvert une très forte envie d’écrire des histoires pour les plus jeunes, pour transmettre des valeurs qui me semblent essentielles, grâce à des histoires douces et/ou poétiques.

Question complexe : quelle a été ta source d’inspiration pour L’Ingénieur de Noël ?

L’esprit de Noël, tel que je le conçois depuis des années.
J’ai toujours aimé cette période de l’année, et j’ai essayé de transmettre cette magie dans mon histoire. Il y a aussi un brin de chamanisme, et des concepts et valeurs sur lesquelles je me suis énormément questionnée au cours des mois précédents l’écriture.

Pourquoi ce choix d’un livre de l’avent qui peut également se lire autrement ou en dehors de la période de Noël ?

Quand j’étais petite, j’avais beaucoup de livres de contes et de livres d’histoires. J’en avais un qui proposait 365 courtes histoires, pour en lire une tous les soirs pendant un an (j’en lisais bien plus qu’une chaque soir). J’aime ce concept, et j’aime Noël, et… Voilà !

Rentrons dans l’histoire à présent. Quelle est-elle ?

Oblio est le seul gobelin vivant au village du Père Noël, en Laponie. C’est un petit génie qui invente de nombreuses machines pour faciliter le travail des lutins. Cette année, le Père Noël lui a confié une tâche particulièrement ardue, et il ne sait pas par quel bout la prendre. Il va donc demander de l’aide aux lutins…

Ton duo, Oblio et Pilila, est vraiment craquant (j’aime particulièrement l’explication de la beauté du nom de la lutine). Une lutine du Père Noël cela se conçoit bien, mais pourquoi avoir choisi un gobelin comme héros ?

Parce que c’est différent d’un lutin. Aussi incongru que cela puisse paraître, il est à sa place. Et c’est très bien comme ça, et c’est un premier message implicite !

Le Père Noël n’est qu’un figurant dans l’histoire. Pourquoi ce choix ?

Je me suis beaucoup questionné sur la pertinence de proposer une histoire avec le Père Noël dedans, sachant que je ne compte pas faire en sorte que mon fils y croit.

Par contre, je lui raconterai les histoires et légendes de Noël, et le Père Noël en fera partie. Du coup, pour L’Ingénieur de Noël, je ne voulais pas du Père Noël comme personnage principal. Et aussi, il est plus facile pour un enfant de s’identifier à Oblio ou Pilila qu’au Père Noël.

As-tu un personnage autre que les deux principaux que tu aimes particulièrement et pourquoi ?

J’aime bien Toltam, principalement pour le message qu’il véhicule lors de sa première apparition. Je n’ai pas envie, et j’ai le droit, et c’est OK. Je considère que c’est un message très important. Enfant, on intègre que même si on ne veut pas, on doit le faire si un adulte le demande, et, malheureusement, une fois à l’âge adulte, c’est toujours bien ancré en nous. Alors, enfant ou adulte, on a le droit de ne pas vouloir, et c’est OK.

Les dessins de ChaBarb sont comme toujours magnifiques. Comment s’est déroulé le travail avec lui ?

On a d’abord vu ensemble si j’avais des idées ou envies précises pour certaines illustrations, puis je lui ai laissé le champ libre. J’ai adoré découvrir comment lui voyait les choses.
En dehors de deux/trois illustrations et des tenues des personnages, c’est globalement ChaBarb qui a choisi à quoi ressembleraient les choses.

Ce livre est aussi ludique. Pour ma part, je le conçois plus comme une interaction possible parents-enfants durant l’avent avec 3 pages de lecture le soir. Partages-tu le même sentiment ?

Oui, c’est plus qu’une histoire à lire. Chaque jour, il y a le texte, le petit jeu, et puis une discussion possible autour des concepts et valeurs abordés dans le livre.

Selon moi, L’Ingénieur de Noël est un très beau conte de Noël qui mérite quelques superlatifs. Et je dois dire que toute l’équipe, Vendarion, Floriane, ChaBarb et toi avez réalisé un très bel ouvrage. Tous nos lutins de Kelach s’associent à moi pour vous féliciter. Un dernier mot de ta part ?

Un grand merci à tout le monde, le travail a été très agréable, et j’ai hâte de tenir le livre entre mes mains. J’espère qu’il sera aussi plaisant à lire qu’il l’a été à écrire !

Pour découvrir et acquérir L’Ingénieur de Noël, rendez-vous sur notre boutique :

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[Interview croisée] Fantastique en pays de Chièvres (première partie)

Bonjour à tous, vous voici réuni dans une interview croisée au sujet de l’anthologie Fantastique en pays de Chièvres qui a fait un formidable démarrage.
Dans un précédent entretien, Vendarion d’Orépée nous a indiqué l’origine de cette anthologie, née dans un atelier d’écriture. Nous ne reviendrons donc pas dessus. Mais chacun d’entre vous, qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ?

Églantine Gossuin (EG) : « Un attrait familial dans un premier temps. Mon grand-père écrivait de courtes citations, ma mère des poèmes et tout naturellement, j’ai apprécié, admiré ce moyen d’expression.  Mes nombreuses lectures m’ont amené à prendre, à mon tour, ma plume afin d’épancher mes sentiments, de coucher sur le papier mes chagrins, mes joies au fil de courts poèmes en prose.
Quand j’avais 16 ans, je suis tombée sur l’annonce d’un concours de nouvelles et là je me suis dit « Pourquoi pas ? ». J’ai relevé ce nouveau défi et découvert que l’exercice était astreignant, mais surtout révélateur de mon besoin d’écrire, encore et encore. L’écriture est une passion, un mode d’évasion qui me comble à chaque fois que je m’y mets. »

Stéphane Triquoit (ST) : « Depuis tout jeune, j’ai toujours eu une imagination débordante pour élaborer et raconter des histoires. Voyant qu’un atelier d’écriture se tenait non loin de chez moi, je me suis dit que c’était l’occasion de m’y exercer afin de faire connaître mes créations au public. »

Constant Vincent (CV) : « Je crois que c’est vers la 4e secondaire, je venais de rencontrer l’un de mes meilleurs amis encore aujourd’hui – coucou Xavier – qui lui avait commencé un livre à l’époque. J’étais très renfermé durant mes premières années de secondaire, plutôt versé dans le dessin et la lecture que le sport ou autre activité « sociale ». Bref, il m’a parlé de ses personnages, de son intrigue et je me suis dit qu’il serait intéressant d’essayer de mon côté aussi. Alors, pendant une heure de fourche, j’ai pris mon bloc de feuilles et j’ai commencé à écrire un début d’histoire, comme il me venait. Xavier l’a lu et a adoré. Ça m’a donné l’envie de continuer et cette ébauche est finalement devenue la base de mon premier roman, Les Terres du Nord. »

Vendarion d’Orépée (VdO)  : « L’envie d’écrire, tout simplement. Plus jeune, j’étais très attiré par la BD, je lisais des magazines avec des histoires « à suivre » et j’inventais moi-même la suite en attendant le numéro suivant pour voir à quel point j’étais éloigné des idées de l’auteur. Je me suis mis sérieusement à écrire après avoir fait du JdR et j’ai commencé par un scénario pour JdR Mag, puis un premier roman en 2016. »

Pourquoi le fantastique et non un autre genre littéraire ?

(VdO) : « Au début, j’étais plutôt attiré par la SF, un peu grâce à Star Wars, à une période des années 80 où tous les animes ou presque étaient de la SF et aussi avec les séries SF de « Fleuve Noir » que je dévorais avec avidité pendant mes trop nombreux trajets en train. Par la suite, mes goûts se sont heureusement diversifiés, même si j’écris toujours dans la littérature de l’imaginaire. »

(CV) : « Quand j’étais petit, j’ai eu droit à Harry Potter, que ce soit en livre comme en film, j’étais fana de la trilogie cinématographique du Seigneur des anneaux et j’ai attendu avec impatience chaque nouveau roman de la saga de L’Héritage (Christopher Paolini).
Bon, sur le côté il y avait aussi Star Wars –qui a cassé les pieds de mes parents à force de passer dans le magnéto- mais niveau littéraire, ma bibliothèque était clairement dominée par le genre fantasy. C’est peut-être l’aspect médiéval qui m’attire toujours, depuis les livres d’histoire avec des illustrations de chevaliers et de châteaux forts, je ne sais pas trop.
Aujourd’hui, j’aime diversifier mes lectures : science-fiction, post-apo, dystopie… Sans doute que je changerai de style à un moment, parce que ça m’attire aussi. En soi, j’ai envie d’écrire de tout, tant que ça n’évoque pas le quotidien du monde. Les thrillers, par exemple. Mettez un mystère, du suspens, une enquête et des meurtres tant que vous voulez, vous êtes certains de ne pas donner dans la banalité. Mais ça reste la plupart du temps sur trame de fond réaliste. Et je dis ça en étant réellement admiratif du niveau de certaines intrigues ! Ce que je veux dire, c’est que personnellement, ça me fatigue un peu de lire des histoires qui me rappellent que notre monde est loin d’être aussi bien qu’il le devrait actuellement, même si on peut retrouver le même syndrome en fantasy, dans des œuvres qui s’inspirent beaucoup de l’actualité. Et puis, au final, un thriller, c’est bien, mais un thriller avec des dragons, c’est mieux ! »

(ST) : « Avec les récits d’aventure, il s’agit de mon genre préféré car il met les Humains face à des forces et des créatures qu’il ne voit ou ne saisit pas entièrement. Passionné de folklore, de mythologies et de sciences occultes, le fantastique constitue ainsi le registre de prédilection pour mélanger et intégrer ces éléments dans des récits avec un cadre historique bien déterminé. »

(EG) : Parce que le fantastique et la fantasy sont des univers très vastes qui ouvrent des portes sur des sujets ordinaires et extraordinaires. J’ai toujours ressenti une attirance pour les légendes, le monde de la féérie, de la chevalerie, les encyclopédies de dragons et autres êtres mystérieux. J’ai lu de nombreux romans d’auteurs de tous horizons allant de Stephen King à Robin Hobb, de Flavia Bujor à C.S. Lewis…  J’ai eu envie de m’y mettre, de créer mon univers, mes personnages, de faire vivre tout ce petit monde aux étranges capacités qui rodait dans les couloirs de mon esprit. »

Avez-vous un auteur ou un roman qui vous a particulièrement marqué ? Et pourquoi ?

(ST) : « De tout ce que j’ai lu jusqu’à présent, je dirais que ce serait la saga de romans historiques Les Rois maudits de Maurice Druon, le genre de récit bien écrit qui nous divertit autant qu’il nous instruit que ce soit par rapport à l’Histoire du royaume de France ou encore l’origine de certains mots et expressions. Sans oublier qu’il y a de nombreuses passages évoquant la sorcellerie, les superstitions ou pratiques religieuse de l’époque. »

(VdO) : « Il y en a plus qu’un : Maurice Druon pour Les Rois Maudits, un très très grand roman historique, que j’ai découvert grâce à l’adaptation télévisée de 1972 avec Jean Piat.
Margaret Weiss et Tracy Hickman pour Les Portes de la Mort avec cet étrange univers coupé en quatre par la magie des sartans et les peuples qui essaient d’y survivre. Mais aussi pour le personnage de « Hugh la Main », mon premier roman adoptant le point de vue d’un assassin.
Et fort logiquement Robin Hobb pour L’Assassin Royal. On retrouve dans Fizran un peu de Hugh et un peu de Fitz-chevalerie. »

(EG) : « C’est une question assez complexe puisque chaque lecture vous apporte quelque chose, mais si je devais sortir un auteur du lot, ce serait Robin Hobb. Tout d’abord parce que c’est elle qui m’a vraiment fait plonger dans l’univers de la fantasy à la lecture de la saga de L’Assassin Royal. J’ai dévoré l’ensemble des tomes à plusieurs reprises, d’ailleurs.
Ensuite, parce qu’elle a une capacité à mettre en mot des personnages aux facettes multiples. Qu’importe que l’univers décrit soit si éloigné du nôtre, ce qui compte lorsque qu’on tourne les pages de ses romans, c’est qu’on parvient à se mettre dans la peau de Fitz, Burrich ou Molly tant elle a si bien saisi et décrit les méandres de l’âme humaine. »

(CV) : « Définitivement Pierre Bottero avec la saga d’Ewilan, le premier livre que je me rappelle vraiment avoir lu et la plus grande source d’inspiration pour mes premières tentatives d’écriture.
Aujourd’hui, j’ai deux auteurs favoris : Andrzej Sapkowski pour l’incroyable saga du Sorceleur, qui a complètement changé ma vision de la fantasy et dont j’espère approcher un jour la qualité d’écriture, et Dmitri Glukhovsky avec la trilogie Metro, une dystopie simplement géniale même si la lenteur du rythme peut en rebuter certains. Les œuvres provenant d’Europe de l’est et de Russie ont une façon de communiquer l’intériorité des personnages, leurs dilemmes moraux et leur complexité qui est bien plus profonde que dans ce qui nous vient des États-Unis, par exemple. »

Fin de la première partie de cette longue interview, à suivre dans quelques jours avec les questions croisées…
Vous pouvez retrouver de courtes biographies de ces quatre auteurs de talents sur les pages que nous leur avons dédiées :

Eglantine Gossuin & Constant Vincent
Stéphane Triquoit & Vendarion d’Orépée

Pour la deuxième partie, c’est ICI

Et découvrez aussi Fantastique en pays de Chièvres sur notre site :

des Editions Kelach.

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[Interview] ChaBarb, illustrateur de L’Ingénieur de Noël

Bonjour ChaBarb.

Bonjour Fred.

Il y a quelques années, nous nous sommes rencontrés au détour d’un salon (assez calme) par l’intermédiaire de Mestr Tom et depuis, nous travaillons ensemble sur une de mes séries. Aussi ça me fait étrange de t’appeler par ton pseudo et non ton prénom, mais bon.

Mon pseudo !  Un choix technique et protecteur. Il est très difficile d’écrire, voire de prononcer mon vrai nom de famille*, donc sûrement très difficile de me trouver sur internet. Simple et logique. Et pour protéger mes enfants, ma famille de mon travail, être plus libre de créer derrière un pseudo sans les retombées possibles.

*Je confirme. 😉

En introduction, je dirai donc que je connais la qualité de ton travail, tes multiples univers d’illustrateur, ta rapidité, ton sérieux et ton implication sur les projets auxquels tu participes.
Parlons de L’Ingénieur de Noël que tu as accepté d’illustrer pour les Lutins de Kelach. Qu’est-ce qui t’a séduit dans ce projet ?

Kelach Éditions est venue à ma rencontre pour illustrer le conte de Tiphaine. J’ai pris connaissance du texte et constat immédiat : c’est différent des références du genre, rafraîchissant, il y a de l’aventure et beaucoup de sentiments à partager.
Il ne me restait ensuite plus qu’à me mettre d’accord avec Kelach pour commencer le travail (et rêver de Noël en été).

Comment as-tu abordé les personnages ? L’autrice Tiphaine Levillain t’a-t-elle donné des consignes précises ou avais-tu un grand espace de liberté ?

Tiphaine m’a donné plusieurs pistes, des attentes, des références et sa vision. Ensuite nous avons échangé plusieurs croquis. Surtout pour les personnages principaux de l’aventure !

Comment s’est fait le choix des tons et des couleurs ? Une évidence ou as-tu tâtonné avant de trouver l’aspect qui convenait à Tiphaine et à toi ?

J’ai une palette variée et j’aime illustrer pour les autres.
Ici nous visions un public jeune, donc j’ai sorti la palette, dessin rond, simple, pour que l’enfant puisse lui aussi profiter, s’amuser (reproduire les images ou illustrer des scènes de l’histoire). Ainsi que la mise en couleurs, proche d’un rendu feutre / aquarelle / crayon de couleur. L’enfant (ou l’adulte) peut donc se faire plaisir.
(D’ailleurs le livre a entièrement était dessiné en noir et blanc et sera en principe diffusé pour que les enfants puissent, s’ils le souhaitent, simplement colorier une illustration de l’histoire).*
Les scènes sont choisies ici par l’auteur principalement, donc on tombe juste sur chaque représentation du jour / chapitre.
Mes propositions ont tout de suite plu à Tiphaine.

*Quelques illustrations à colorier vous seront offertes lors des dédicaces et salons,
et certaines seront disponibles ultérieurement sur le site Kelach.

Qui a eu l’idée du jeu intégré à l’histoire, c’est-à-dire retrouver les trèfles dans chaque image ? Un aspect ludique très appréciable, je trouve.

J’adore lire des histoires à mes enfants. Et nos livres contenant des jeux sont nos favoris ! Leur regard navigue dans l’illustration pendant que tu racontes l’histoire. L’idée a beaucoup plu à Tiphaine.  Ensuite, elle a trouvé un second jeu (je n’en dis pas plus, il vous faut lire l’histoire).

Pas trop de difficulté pour placer ces objets cachés ?

Certains éléments du jeu ont été difficiles à placer, surtout quand tu n’as qu’un personnage de présent. 🤣

Une question que l’on doit te poser fréquemment sur tes diverses créations. Dans l’univers de L’Ingénieur de Noël, quel est le personnage que tu as préféré dessiner ?

J’adore tous les personnages de l’histoire, ils sont attachants. Tiphaine pourrait développer une histoire pour chacun d’entre eux ! Faire un choix m’est donc impossible.

L’image ne sera totalement révélée que dans quelques jours !

Et ajoutons : quelle est l’illustration qui t’a donné le plus de mal ?

Je dirais sûrement le jour 2 ! Il faut découvrir Oblio, mais pas trop… et présenter ici sa timidité lors de sa première rencontre avec un autre personnage.

Parlons aussi de toi, car L’Ingénieur de Noël n’est qu’une facette de ton talent d’illustrateur, comme nous pouvons le voir sur ton site. Peux-tu en quelques mots (et quelques images) nous donner ici un aperçu de ta diversité créatrice ?

J’aime dessiner, illustrer !
Dessiner pour les enfants, les adultes, les passionnés, car les contraintes sont toujours différentes, les attentes, le style et j’essaie toujours de satisfaire la demande.
Une fois l’objectif de la demande atteinte, je peux avancer l’illustration et prendre plaisir grâce au retour et aux échanges avec le commanditaire.

Chabarb a, entre autres, participé aux couvertures des Contes des 2 Comtés
ou d’Orobolan chez Kelach.
C’est aussi l’illustrateur attitré des Aventuriers de Valloire.

Que préfères-tu faire ? T’atteler à une œuvre complète comme L’Ingénieur de Noël ou Le petit Garçon et la Fusée ? Travailler sur des couvertures ? Créer des affiches ?

Les 3 me plaisent, mais chacun à leur manière, car chaque œuvre laisse libre cours à mon imagination tout en ayant des règles, des contraintes et j’adore ça, c’est un challenge perpétuel.

Merci d’avoir participé à cette interview, ChaBarb.
Et puisque tu as choisi de me laisser le mot de la fin, j’invite les lecteurs à retrouver tout ton talent d’illustrateur sur ton site :

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[Interview] Floriane Derain, Directrice de collection du Bosquet Féérique

Bonjour Floriane, à la veille d’une sortie d’importance pour les Lutins de Kelach, je viens à toi pour que nos lecteurs puissent faire plus ample connaissance avec toi. Peux-tu te présenter en quelques mots ?


Bonjour, avec plaisir. Je m’appelle Floriane Derain, j’ai 32 ans, je suis autrice de poésie et de nouvelles en dilettante depuis l’adolescence. Ma dernière publication en date s’intitule « Fantôme dans la machine », une nouvelle Steampunk parue dans l’anthologie Nutty Ghosts aux Éditions Nutty Sheep. Quant à la prochaine, elle est pour très bientôt puisque je suis lauréate du concours Émergences 2 !, organisé par la Charte des auteurs et des illustrateurs jeunesse.

Tu es donc la directrice attitrée depuis quelques mois de le collection Bosquet Féérique*, notre collection pour la jeunesse. Peux-tu nous résumer ton rôle ?

Mon rôle est surtout tourné vers les auteur·ice·s, depuis la sélection des manuscrits jusqu’aux corrections éditoriales. Je me vois un peu comme une chercheuse de diamant en quête de la pierre brute dont je pourrais révéler tout le potentiel. Je dois aussi veiller au respect de la ligne éditoriale de la collection voire de l’orienter par mes choix éditoriaux.

Je rappelle que tu es aussi la correctrice en chef de cette collection jeunesse*. Qu’est-ce qui te séduit dans cette quête de textes pour les 5-12 ans et donc dans la littérature jeunesse ?

Je crois que la littérature jeunesse est avant tout une littérature de plaisir et d’évasion. C’est en tout cas comme ça que je la vis. Chez les plus jeunes, il n’y a pas ce besoin de « suspension consentie de l’incrédulité », ou en tout cas beaucoup moins que dans la littérature pour adultes. De ce fait, les récits se permettent souvent plus de liberté pour aller chatouiller l’imagination et la réflexion du lecteur, et c’est ce qui me plaît.

Parlons un peu de cette très belle parution, L’Ingénieur de Noël, écrit par Tiphaine Levillain et illustré par ChaBard (que j’aurai aussi le plaisir d’interviewer très prochainement). Peux-tu nous en donner un très court teasing ?

Il s’agit de l’histoire d’un gobelin, nommé Oblio, qui se trouve être un inventeur de génie au service du Père Noël et de ses lutins. Alors que d’habitude, il arrive à bout de n’importe quel problème, cette année, la nouvelle machine qu’il doit fabriquer pour le Père Noël lui donne bien du fil à retordre. Heureusement, il va pouvoir compter sur de nouveaux amis, un peu d’aventure et beaucoup de bienveillance pour tenter de sauver Noël !

Est-ce sa forme de livre de l’avent, ses personnages, ses illustrations ou tout simplement son histoire qui te charme ?

Je dirais tout d’abord le fond, c’est à dire son histoire et ses personnages. Tiphaine a su créer un récit enchanteur et une vraie personnalité à chacun de ses personnages. C’est une histoire qui se dévoile au rythme d’un chapitre par soir, à la manière d’un calendrier de l’avent, et ça risque d’être dur pour les enfants de patienter jusqu’au lendemain, tant elle est prenante.

Et comme un bijou ne va pas sans son écrin, ChaBard est venu sublimer le tout de ses illustrations. Elles sont modernes, colorées, avec une touche d’originalité qui les rend uniques et indispensables pour savourer l’ouvrage. C’est un vrai bonheur de voir les personnages prendre vie au fil des pages.

Si L’Ingénieur de Noël est notre publication forte de ce dernier trimestre 2019, le Bosquet Féérique ne s’arrête pas là. Un appel à textes permanent existe, mais tu es toujours à la recherche de la perle rare. Peux-tu, ici, nous dire ce que tu souhaiterais plus particulièrement lire : tranche d’âges, sujet, univers et atmosphère ?

Au niveau de ce que je recherche actuellement, j’aimerais bien sortir un ouvrage pour les 12 ans et plus, quelque chose d’entraînant et de bien rythmé, qui soit plutôt de la SF ou de la fantasy (pas de fantastique).

Comme toujours, je vais te laisser le dernier mot, mais avant, je voudrais te dire que les Lutins de Kelach sont ravis de te compter parmi eux. Encore une fois « Bienvenue ». À présent, à toi le mot de la fin :

Eh bien merci ! Pour l’accueil et pour cette interview. J’espère qu’elle aura donné envie aux lecteur·rice·s de se procurer L’Ingénieur de Noël, ainsi que de me faire parvenir leurs manuscrits.

*En dehors des tomes précédemment publiés et de la série des Contes des 2 Comtés.

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Interview de Vendarion d’Orépée.

Bonjour Vendarion, puisque c’est là ton nom de plume. D’ailleurs comment l’as-tu choisi ?

De la même manière qu’Arsène Lupin choisissait ses fausses identités dans les romans de Maurice Leblanc : en reprenant les lettres de mon nom véritable et en les assemblant.

Ce nom a en outre une consonance elfique qui me convient parfaitement.

Tu es l’un des associés des Lutins de Kelach, mais surtout, pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, un auteur. Tu as 2 nouvelles dans Fantastique en pays de Chièvres. Peux-tu nous dire un mot de l’histoire qui a mené à la naissance de Fantastique en Pays de Chièvres ? Je crois savoir qu’il est né dans un atelier d’écriture ?

Lorsque j’ai publié « L’Âme de l’Assassin » aux éditions Stellamaris, mon premier roman, j’ai entrepris un long chemin de croix dans le but de me faire connaître. C’est à la bibliothèque de Chièvres que j’ai croisé Claudy Demarez qui m’a proposé de me mettre en contact avec la presse et de faire une intervention au Conseil Communal. À partir de là, je devais prendre une initiative et je me suis dit : « pourquoi pas un atelier d’écriture ? ». Je venais d’en faire un pour les médiévales de Chièvres.

Constant Vincent, qui venait lui aussi de publier son premier roman et suivait (et suit toujours, du moins je l’espère) des études dans le domaine du cinéma m’a aidé à organiser ce projet. Au début, nous n’étions pas certains de déboucher sur un résultat concret, mais nous avons laissé la porte ouverte à une anthologie et les participants ont parfaitement joué le jeu.

Extrait : Les masques du Sultan

Une de tes nouvelles dans Fantastique en pays de Chièvres fait écho à ton roman, les Portes de l’Agartha, lui aussi aux éditions Kelach. Peux-tu nous parler de ce roman ?

« Les Portes de l’Agartha » proviennent d’une nouvelle que j’ai écrit pour l’anthologie « Blitzkrieg » de la série Otherlands. Cette nouvelle met en scène une expédition allemande dont le passager a invoqué une démone qui doit leur ouvrir les portes d’un autre monde. Le roman pousse l’histoire un peu plus loin puisque le passé et la psychologie des personnages et plus détaillée, je donne également plus d’informations sur les habitants de l’autre monde qui n’est pratiquement pas décrit dans la nouvelle.

Extrait des Portes de l’Agartha

Tes héros viennent de deux mondes, un primitif et le nôtre. Pour ces derniers, il s’agit de marins de l’armée allemande à la fin de la seconde guerre mondiale. Si tous ces soldats sont loin d’être des héros, ce choix de faire de certains d’entre eux des hommes honorables a-t-il été dicté simplement par la nécessité – c’est-à-dire la recherche d’artefacts par les allemands – ou porte-t-il un autre message ?

S’il y a un message, je préfère ne pas le révéler. 😉

Pour ce qui est des personnages, je me suis beaucoup inspiré de l’ambiance de « Das Boot » pour l’ambiance et la personnalité du capitaine dont j’avais l’intention de faire le héros de l’histoire… mais je me suis vite rendu compte que des matelots avec un rôles subalternes auraient beaucoup plus de liberté d’action qu’un supérieur qui n’a aucune alternative entre respecter les ordres et se révolter. Certains de ces matelots ont des motivations honorables, et d’autres un peu moins, mais ils doivent se serrer les coudes pour survivre et leur véritable personnalité se révèle dans l’adversité.

Quelles parties de ton roman as-tu préférés écrire ? Celles concernant le monde contemporain ou celles qui se déroulent dans le monde primitif ? Et pourquoi ?

Illustration de Stephane Degeilh

L’un ne va pas sans l’autre, puisque mes sous-mariniers pensent connaître le monde de l’Agartha et les habitants de l’Agartha ont une vague idée de l’existence de notre monde… mais les deux visions sont naturellement déformées.

J’avoue que j’ai pris un réel plaisir à décrire les peuples de l’Agartha, étant beaucoup plus libre d’imaginer les différentes ethnies et leurs coutumes sans avoir à consulter des tonnes de documents. La description de notre monde a nécessité de très longues recherches. Films d’ambiance et documentaires compris, j’ai dû visionner plus de 50 heures de vidéo
.

Pour revenir à toi, as-tu des romans ou des auteurs qui t’ont particulièrement marqué ?

Dans l’ordre chronologique :

« Les conquérants de l’impossible » de Philipe Elby. Une série de SF de la bibliothèque verte ou des adolescents font face à des événements hors du commun… avec des voyages dans le temps et des explorations spatiales.

« Les Rois Maudits » de Maurice Druon a été la première saga à me passionner, je me suis précipité sur les romans après avoir vu la première adaptation télévisée avec l’inoubliable Jean Piat dans le rôle de Robert d’Artois. Il y a eu une seconde version en 2005 qui est généralement moins appréciée. Le principal reproche que je ferais à cette seconde version est d’être beaucoup trop « fantasy » dans les décors et les costumes.

Les grands classiques de l’héroïc-fantasy, beaucoup de sagas (Conan de Cimmérie, Elric de Melnibonée, le Cycle de Thongor)

Sont-ce eux qui t’ont donné l’envie d’écrire ou cette pulsion vient-elle d’ailleurs ?

J’ai eu envie d’écrire à l’époque où je lisais Astérix, les Schtroumpfs et « Pif Gadget » et je me voyais volontiers comme scénariste de bandes dessinées… mais c’est en commençant le jeu de rôle et en découvrant les grandes sagas de fantasy que j’ai envisagé sérieusement d’écrire des nouvelles et des romans.

« L’Âme de l’assassin » est le résultat d’une partie de JdR ayant pour cadre mon propre univers de campagne et les héros ont été créés et incarnés par mes joueurs de l’époque.

les Portes de l’Agartha n’est qu’un début. Une ou des suites sont-elles prévues ? Et qu’est-ce qui nous y attend sans nous spoiler la fin de l’Agartha.

Les derniers chapitres laissent ouvertes plusieurs suites possibles qui permettront de mieux découvrir le monde de l’Agartha, ses liens avec le nôtre et le mystère de la genèse de cet univers… Cet univers est révélé sous forme d’un immense puzzle dont chaque roman ou nouvelle apporte une pièce qu’un lecteur méticuleux peut assembler pour avoir une vision de l’ensemble.

As-tu d’autres projets en tête ?

Plusieurs romans qui seront la suite de « L’Âme de l’Assassin » et des « Portes de l’Agartha ». Bien que j’apprécie les suites, je mets également un point d’honneur à ce que chaque récit soit une histoire complète avec une fin bien définie… et une suite possible.

J’ai remarqué que beaucoup d’auteurs se lancent très rapidement (trop rapidement) dans une saga dont aucun tome n’est compréhensible sans avoir lu les précédents… et abandonnent si le premier volume ne se vend pas, les lecteurs s’en sont évidemment rendu compte et commencent à bouder les sagas incomplètes.

J’envisage également pour Kelach la création d’un magazine de nouvelles d’héroïc-fantasy sur le même modèle que les « Weird Tales » (trimestriel, avec 3 ou 4 nouvelles par numéro), justement pour permettre aux auteurs débutants de se faire la main avec des courts récits et de « tester » leur univers sur le public avant de se risquer dans une saga coûteuse en temps et en argent (en particulier pour les auto-édités).

Je te remercie pour avoir répondu à ces quelques questions. Bonne écriture et comme toujours, je te laisse le mot de la fin.

Sur ma vision des métiers d’auteur et d’éditeur, il y a énormément à dire.

Avec la multiplication des plateformes d’édition en ligne, tout le monde peut écrire et se faire éditer et certains éditeurs peu scrupuleux voient ce phénomène comme un nouvel eldorado, avec l’auteur dans le rôle de la mine d’or qu’on peut exploiter en lui faisant payer des « services d’édition » pour un livre qui ne se vendra jamais faute de promotion. Pour ma part, je considère plutôt les auteurs comme des filons qu’il convient d’encourager et d’orienter.

Au final, les lecteurs ne s’y tromperont pas…

Retrouvez Vendarion D’Orépée sur le site des Editions Kelach.

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[Interview] Élodie Greffe

Autrice des Contes du Grand Chêne, Élodie Greffe se prête avec son sourire et sa jovialité habituelle à notre jeu de l’interview, afin de découvrir un peu plus son roman et sa personnalité.


Bonjour, Élodie.

« Bonjour ! »

Les Contes du Grand Chêne est ton premier roman. Avant celui-ci, t’étais-tu déjà essayée à l’écriture ?

Contes du Grand Chêne

« Depuis toute petite, je lis énormément, mais c’est au collège que j’ai attrapé le virus de l’écriture.
Étudier les structures, les différentes formes de narration, les figures de style, réfléchir à la pensée de l’auteur, à ce qu’il avait pu vouloir transmettre avec son œuvre, tout ça me fascinait, j’avais l’impression de découvrir un nouveau monde.
Mais c’est avec l’écriture d’invention que j’ai vraiment eu le déclic et commencé à écrire mes propres histoires. Ma professeure de français de 3ème m’a encouragée et donnée confiance en moi, et je n’ai plus arrêté, même si je n’osais pas forcément sortir mes écrits des tiroirs de mon bureau. »

Les Contes des 2 Comtés sont une idée de Mestr Tom. Comment s’est effectuée votre rencontre ?

« Il avait posté une annonce sur Facebook, il cherchait un auteur pour écrire l’un des Contes des 2 Comtés. Je lui ai envoyé un mail car j’avais plein de questions, puis j’ai tenté ma chance en lui envoyant un texte. Il m’a rappelée quelques jours plus tard, et c’était le début de l’aventure. »

Qu’est-ce qui t’a séduite dans son monde et t’a incité à devenir l’autrice du Grand Chêne ?

« Quand j’ai vu l’annonce, j’ai tout de suite été intriguée. J’ai été lire et écouter tout ce que je pouvais. J’ai trouvé l’univers dense, riche et plein de belles trouvailles. J’aimais l’idée de développer un univers vaste sur une longue période de temps, et de s’adresser aux enfants avec le but de leur faire découvrir et aimer la lecture.

Mestr Tom est quelqu’un de passionné et de passionnant. Quand il m’a raconté son univers au téléphone, j’ai été conquise et très heureuse de pouvoir y participer. »

Peux-tu nous parler brièvement de ton roman sans trop en divulgacher (spolier) ?

La Grande fée (illustration de Romane Gobillot)

« L’histoire se déroule dans le Royaume des Deux Comtés. Un monde où se côtoient des fées, des lutins, des sorcières, mais aussi des vampires et des loups-garous, entre autres.
Quand Big et Bang, à l’origine du monde, ont quitté le Royaume des Deux Comtés, le Professeur en a confié la gestion et l’administration aux deux femmes qui jusque-là s’étaient occupées des jumeaux : leur mère, qu’il nomme Grande Fée et à qui il confie le royaume des fins heureuses, et leur gouvernante, qui devient la Fée C en charge du Royaume des Cauchemars.
En théorie, ces deux fées doivent travailler ensemble et tout doit bien se passer, mais bien évidemment, les choses ne sont pas si simples et la situation finit par se compliquer. Heureusement les enfants, de ce monde et du nôtre, ne sont jamais loin, et toujours volontaires pour aider et partir à l’aventure. »

As-tu un personnage favori dans ton roman ? Lequel et pourquoi ?

« J’aime tous les personnages, mais j’ai une tendresse particulière pour Léloi. C’est une fée, elle est le bras droit de la Grande Fée. Elle paraît froide et autoritaire, mais c’est une carapace, c’est sa fonction qui lui impose ce comportement. En réalité, elle est très sensible, loyale et elle s’inquiète en permanence pour la Grande Fée à qui elle tient énormément. Sa position est vraiment difficile, mais essentielle. »

As-tu un regret ou un élément / personnage que tu aurais aimé développer plus ?

La fée C (illustration de Romane Gobillot)

« Ce n’est pas un regret, car ce n’était pas mon rôle, mais il est vrai que j’aurai bien aimé parler un peu plus de C.
C’est une fée aussi, il arrive des choses terribles en partie à cause de ses actions, mais ce n’est pas une « méchante ». C’est une grande force de ce monde d’ailleurs, il n’est pas manichéen, même si le monde est coupé en deux avec l’ombre d’un côté et la lumière de l’autre, personne n’y est tout blanc ou tout noir, ni la Grande Fée, ni C, et c’était important pour moi de le montrer. »

Cette première expérience d’écriture t’a-t-elle donné envie de poursuivre ? As-tu des projets personnels en ce sens ?

« Oui ! C’était une expérience fantastique à chaque étape. J’ai appris beaucoup de choses, rencontré des personnes fantastiques, j’espère que ce n’est que le début, j’ai très envie de continuer.

Pour ce qui est des projets, j’ai écrit quelques nouvelles en réponse à des appels à textes et il est prévu que je travaille à nouveau avec Mestr Tom pour la série Augustin Porte, où j’aurai la charge et la chance d’écrire un livre du point de vue de Suzanne, l’amie d’Augustin. J’ai vraiment hâte !

Enfin, j’ai quelques petites choses qui se mettent en place doucement dans les entrailles de mon ordinateur et à qui j’aimerai donner vie prochainement. »

Merci d’avoir pris le temps pour cet échange. Je te laisse le mot de la fin.

« Merci à toi ! Que dire ? J’espère vous avoir donné envie de traverser les barrières des mondes pour visiter le Royaume des deux Comtés et j’espère surtout que la balade vous plaira ! »

Retrouvez tout l’univers des Contes des 2 Comtés sur notre site : Editions Kelach.
Et le début des Contes du Grand Chêne en suivant ce lien : EXTRAIT.

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Interview de Mestr Tom

Bonjour Thomas. Peux-tu présenter brièvement tes activités passées et présentes ?

Les dieux d’Orobolan

Je crois qu’un journaliste m’a appelé le couteau suisse et que c’est le surnom qui me va le mien.
J’ai été directeur du festival Fan Fantasy pendant 4 ans, Rédacteur en chef du webjournal Fan 2 Fantasy, président de l’association du même nom. Je suis scénariste BD, Auteur-producteur de 6 sagas (Orobolan, Lux Quest, Le Royaume des deux comtés, Ardhaluin, Adhon Island et Augustin Porte), conteur, écrivain et en 2018 j’ai été maître du feu de camp de l’association L’ivre d’histoires.

Avant de parler plus en avant de toi et des tes œuvres, explorons un peu Kelach. Tout d’abord, si la décision du nom « Kelach » a été validé par les associés des Lutins, c’est toi qui a proposé ce nom. Que représente-t-il pour toi ?

C’est le nom de mon formateur en conte. Une personne que j’ai retrouvé au hasard du net et nous avons repris nos discussions comme si nous ne nous étions jamais quitté. C’est un homme qui a toujours gardé une grande imagination, un don pour les autres et un amour des beaux livres et de la lecture.

Parlons un peu de toi. Tu te dis bien plus un conteur qu’un auteur ? Pourquoi ? Quelle différence fais-tu entre les deux ?

Je discutais avec deux écrivains dernièrement et je leur ai proposé d’écrire des contes pour l’un de mes projets, ils m’ont tous les deux répondus ne pas pouvoir le faire. Le conte vient de l’oral, il a des codes différents du roman ou de la nouvelle. Par exemple nous évitons les flashbacks, le récit est linéaire. Je travaille souvent avec des écrivains pour passer du conte au roman justement.  

Lorsque que tu es conteur face à un public ou sur la chaîne You Tube du Roi Conteur. Le travail est-il le même ? En particulier sur l’improvisions, quelle est la part de celle-ci dans ta narration ?

Pour la saison 1 du roi conteur, j’ai voulu décrire la dernière nuit du roi conteur. Il sait qu’il va mourir au matin, il lui reste une nuit pour raconter ses dernières histoires et celle du royaume qui l’a accueilli. Les douze contes ont été filmés en une journée dans les conditions d’improvisations du direct devant un mini public. Je n’avais aucun texte.

Ceux qui te connaissent savent que tu as au moins une idée d’histoire par jour, même si tu ne peux pas toutes les concrétiser. En particulier, tu as signé deux mondes qui ont incorporés les éditions Kelach dans la section. Je parle d’Orobolan et les Contes des deux Comtés. Orobolan va fêter ses dix ans, avec la réédition prévue de l’ensemble de ses titres ainsi que trois inédits. Peux-tu nous parler de cette collection et de ses origines ?

Orobolan venait d’un pari personnel. Ecrire un livre qui viderait ma tête de plusieurs histoires qui traînaient dedans.  J’ai publié le premier d’abord à compte d’auteur puis il a été repris par un éditeur.
Des lecteurs m’ont demandé la suite et comme j’avais commencé à construire l’univers avant d’écrire alors je suis passé à un deuxième tome puis au fur et à mesure des demandes des lecteurs j’ai constitué  une série de livres. Il y a eu des abandons aussi, des idées qui ne menaient pas à des romans aboutis. Finalement dans sa version définitive ce sera 9 romans.

Peux-tu nous parler de la même façon des Contes des deux Comtés qui s’adressent à un public jeunesse et qui est en cours de développement ?

Le royaume des deux comtés est un univers que j’ai créé pour l’académie de Minuit (association L’ivre d’histoires). J’ai prévu une cinquantaine de contes sur 4 saisons et 9 recueils. J’ai travaillé également sur l’apparence de la collection afin d’obtenir un arc-en-ciel ajouté de 2 couleurs pour le début et la fin.

Pour la plupart des titres de ces deux collections, tu t’es associé à plusieurs auteurs pour écrire chaque tome dont la plupart peuvent se lire indépendamment les uns des autres. Tu leur as fourni un univers, un contexte et un synopsis à développer en surveillant que leur imaginaire respecte ton monde. Pourquoi ce choix de déléguer ? N’est-ce pas trop difficile de partager son bébé ?

Non même si c’est arrivé que certains points de l’histoire soient modifiés, on reste souvent conforme à l’idée de départ. Ecrire avec des co-auteurs c’est pouvoir offrir aux lecteurs ce que l’on ne peut pas lui offrir seul. C’est aussi avoir un premier retour constructif sur ses écrits et son univers. Je choisis mes co-auteurs pour ce qu’ils peuvent apporter à l’histoire. Je ne confirais pas le peuple dragon à un écrivain spécialiste des vampires par exemple (et inversement).

J’ai pu noter plusieurs thèmes récurrents dans tes écrits dont celui de l’enfance et particulièrement la maltraitance sous quelque forme que cela soit. Peux-tu évoquer ton sentiment à ce sujet qui devrait tous nous interpeller ?

Ce n’est pas le thème le plus récurrent dans mes écrits. J’aime donner de la valeur à mes personnages et un personnage ne nait pas méchant, il le devient. La cause peut être de la maltraitance physique, psychologique ou du harcèlement scolaire. Quelques soient l’histoire les personnages sont aux centres. Augustin Porte est adopté mais qui est son père, celui qui l’a élevé ou celui qui lui a donné la vie. Dans Orobolan deux personnages sont intéressants Nekheb et Mogdolan deux filles qui ont eu des mères qui n’en portent que le nom. Nekheb est devenue maléfique alors que Mogdolan va représenter l’espoir pour les égarés. Un passé similaire mais deux destins différents.

Tu apprécies particulièrement les mythes, légendes et faits celtiques. Pourquoi ? Qu’est-ce qui t’attire ou t’inspire dans cette culture ?

Le fait qu’elle soit proche de la nature et cette façon qu’on eut les celtes de se mélanger aux autres cultures sans chercher à imposés la leur.

Pour terminer ce cours entretien, as-tu de futurs projets ? Peux-tu nous en parler ?

Finir les deux sagas Orobolan et le royaume des deux comtés. Puis je vais partir sur deux registres très différents avec Andhon Island et Ardhaluin le pieu qui sont deux univers fantastiques pour adulte.

Je te remercie pour tes réponses Thomas.
A bientôt.

Retrouvez Mest Tom et ses mondes et récits sur le site des Editions Kelach.

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Interview de Corine Fayet-Charra, autrice des Contes de Big et Bang.

Bonjour Corinne. Tu es une des associées principales de Kelach et également notre trésorière. Mais avant tout tu es une autrice. J’imagine que, comme beaucoup d’entre nous, tu as cette passion dans le sang depuis fort longtemps ?

Bonjour à toutes et tous.

Depuis l’âge de 14 ans, j’ai en tête qu’un jour j’écrirai un livre. La vie a pris le dessus mais je n’ai jamais oublié cette idée. J’ai toujours pris plaisir à écrire et j’aime soigner le moindre courrier.  

Qu’est-ce qui t’a décidé à te lancer dans l’écriture ?

Je n’arrivais plus à trouver de livre à mon gout donc je me suis dit que c’était peut-être un signe, le moment d’écrire le mien.

Couverture de ChaBarb

Aux Editions Kelach, tu as deux récits : Les signes de la vie, dont tu prépares une suite, mais aussi Big et Bang dont tu viens nous parler aujourd’hui. Ce roman jeunesse fait partie de la série des Contes des 2 Comtés. Peux-tu nous parler brièvement de cet univers dont Mestr Tom est à l’origine ?

Pour faire court, je dirai qu’il y a une île qui aurait pu être paisible mais qui ne l’est pas vraiment. Sur cette île se trouvent deux royaumes, un professeur, des jumeaux, des fées puis une reine, un roi, une princesse mais aussi un tas de créatures imaginaires… Et avec tout ce « petit » monde, il n’y a pas de quoi s’ennuyer… 

Découvrez les Contes de Big et Bang

Même si tous les tomes de la série sont indépendants les uns des autres, ton roman a à la fois le privilège et la difficulté d’initier sur le papier cet univers puisque, chronologiquement, il est au tout début de l’histoire du Monde des 2 Comtés. Comment as-tu abordé ce point ?

Tout d’abord, j’ai eu plusieurs discussions avec Mestr Tom ensuite j’ai lu tous les textes déjà existants qui parlaient des 2 Comtés et j’ai écouté les 2 contes audios concernant mes personnages.

Parle-nous un peu du Professeur, que l’on ne voit que peu, mais qui dans le premier Podcast réalisé par Mestr Tom est la personne à l’origine de tout si je ne me trompe pas ? L’avais-tu en tête durant l’écriture ?

Le professeur est un personnage central puisque c’est LE créateur mais aussi celui qui supervise tout et tout le monde. De par son éloignement, il est quasi absent, ce qui donne d’autant plus d’importance à sa présence. Ce cher professeur a plané au-dessus de mon imagination au tout début du chapitre 1 puis au cours du chapitre 6 et encore plus du 7 et c’est tout car les personnages principaux sont Big et Bang.    

Qu’est-ce qui t’a séduite chez Big et Bang, ces facétieux jumeaux ?

Et bien justement, leurs facéties puisque j’étais libre de leur faire faire un peu n’importe quoi. Ensuite, ce lien très fort et bien particulier qui unit des jumeaux m’a toujours impressionné voir fasciné. 

Illustration de Romane Gobillot

Big et Bang vont croiser quelques créatures. En as-tu un (e) que tu préfères ?

Dans mon recueil de contes, on est au tout début de l’île des 2 Comtés, Big et Bang sont sous la haute surveillance de leur gouvernante respective ce qui ne les empêche pas de leur échapper et de s’accoquiner notamment avec 3 petits lutins farceurs qui ne manquent pas de les entraîner dans leurs bêtises.    

Ton roman, comme tous ceux de la série se constitue de plusieurs chapitres qui sont autant de courtes histoires ou contes qui s’inscrivent dans une trame globale. As-tu rencontré des difficultés pour échafauder ce montage ?

Oui, car je n’arrivais pas à commencer l’histoire. J’ai donc écrit les chapitres dans le désordre. Je suis partie d’une idée, celle de Big et Bén. J’ai ensuite voulu parler de la fête de Beltaine. A suivi le chapitre intitulé « Jour de foire » dans lequel je me suis bien amusée. Ce n’est seulement qu’à ce moment que j’ai écrit le premier chapitre. Et dans la foulée et en ordre chronologique, j’ai rédigé les 3 derniers chapitres.   

As-tu puisé ton inspiration sur des contes connus ou d’autres sources d’imaginaire ?

En grande partie, mon imagination vient de mon expérience de vie. J’ai utilisé des scènes vécues que  j’ai « arrangées » pour être dans le contexte. C’est aussi faire des clins d’œil à mes proches.

illustration de Niko

Les consignes données par Mestr Tom t’ont-elles laissé assez de liberté ou as-tu eu quelques frustrations par les limites imposées par la cohérence de l’univers ?

Oui et non. Pour le chapitre 1, j’avais maintes consignes à respecter puisque, sans y paraître, je devais scrupuleusement décrire l’île des 2 Comtés. En même temps, j’avais carte blanche pour faire évoluer mes jumeaux donc ça a été. Par contre, pour le dernier chapitre, tout pratiquement était dit dans le conte audio donc je n’ai pas pu trop y m’être mon empreinte et c’est relativement frustrant.

Tu as la double casquette de l’écriture pour la jeunesse et pour les adultes. Je ne te demanderai pas si tu as une préférence, mais as-tu une approche différente et un ressenti différent pour chaque domaine ?

Très bonne question. Me sentant bien dans l’écriture pour adultes, j’ai eu, bien sûr, des doutes quant à mes capacités à écrire pour des enfants. Et puis, en fait, tout s’est mis en place très naturellement, je n’ai eu qu’à me positionner en tant que maman.  

Une dernière question : peux-tu en quelques mots nous dire pourquoi nos jeunes lecteurs devraient adorer les Contes de Big et Bang ?

Euh, pas facile comme question. L’écriture est à leur portée. Les événements s’enchaînent donnant envie de tourner les pages afin d’en savoir plus. Le livre commence par une chasse aux trésors qui peut leur rappeler une expérience similaire. D’autres faits mentionnés sont complètement d’actualités : les querelles entre frères (Big et Bang) entre frère et sœur (Bén et Eudes), la bataille pain au chocolat /chocolatine, les crises d’épilepsie de Romane, des grands frères qui épient les petites sœurs, des filles qui se confient leurs secrets…    

Merci Corinne pour ces quelques lignes et nous nous retrouvons très vite au sein de Kelach.

Merci à toi d’avoir préparé cette interview. J’espère avoir donné envie aux enfants mais aussi aux plus âgés (il n’y a pas d’âge pour se faire plaisir) de découvrir les aventures de mes incorrigibles jumeaux.  

Découvrez la biographie de Corinne Fayet-Charra

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