Interview : Floriane Derain, directrice de collection du Bosquet Féérique.

Bonjour Floriane, à la veille d’une sortie d’importance pour les Lutins de Kelach, je viens à toi pour que nos lecteurs puissent faire plus ample connaissance avec toi. Peux-tu te présenter en quelques mots ?


Bonjour, avec plaisir. Je m’appelle Floriane Derain, j’ai 32 ans, je suis autrice de poésie et de nouvelles en dilettante depuis l’adolescence. Ma dernière publication en date s’intitule Fantôme dans la machine, une nouvelle Steampunk parue dans l’anthologie Nutty Ghosts des éditions Nutty Sheep. Quant à la prochaine, elle est pour très bientôt puisque je suis lauréate du concours « Émergences 2 », organisé par la Charte des auteurs et des illustrateurs pour la jeunesse.

Tu es donc la directrice attitrée depuis quelques mois de le collection Bosquet Féérique*, notre collection pour la jeunesse. Peux-tu nous résumer ton rôle ?

Mon rôle est surtout tourné vers les auteur·ice·s, depuis la sélection des manuscrits jusqu’aux corrections éditoriales. Je me vois un peu comme une chercheuse de diamant en quête de la pierre brute dont je pourrais révéler tout le potentiel et la beauté. Je dois aussi veiller au respect de la ligne éditoriale de la collection voire de l’orienter par mes choix éditoriaux.

Je rappelle que tu es aussi la correctrice en chef de cette collection jeunesse*. Qu’est-ce qui te séduit dans cette quête de textes pour les 5-12 ans et donc dans la littérature jeunesse ?

Je crois que la littérature jeunesse est avant tout une littérature de plaisir et d’évasion. C’est en tout cas comme ça que je la vis. Chez les plus jeunes, il n’y a pas ce besoin de « suspension consentie de l’incrédulité », ou en tout cas beaucoup moins que dans la littérature pour adultes. De ce fait, les récits se permettent souvent plus de liberté pour aller chatouiller l’imagination et la reflexion du lecteur, et c’est ce qui me plaît.

Parlons un peu de cette très belle parution, L’Ingénieur de Noël, écrit par Tiphaine Levillain et illustré par ChaBard (que j’aurai aussi le plaisir d’interviewer très prochainement). Peux-tu nous en donner un très court teasing ?

Il s’agit de l’histoire d’un gobelin, nommé Oblio, qui se trouve être un inventeur de génie au service du Père Noël et de ses lutins. Alors que d’habitude, il arrive à bout de n’importe quel problème, cette année, la nouvelle machine qu’il doit fabriquer pour le Père Noël lui donne bien du fil à retordre. Heureusement, il va pouvoir compter sur de nouveaux amis, un peu d’aventure et beaucoup de bienveillance pour tenter de sauver Noël !

Est-ce sa forme de livre de l’avent, ses personnages, ses illustrations ou tout simplement son histoire qui te charme ?

Je dirais tout d’abord le fond, c’est à dire son histoire et ses personnages. Tiphaine a su créer un récit enchanteur et une vraie personnalité à chacun de ses personnages. C’est une histoire qui se dévoile au rythme d’un chapitre par soir, à la manière d’un calendrier de l’avent, et ça risque d’être dur pour les enfants de patienter jusqu’au lendemain, tant elle est prenante.

Et comme un bijou ne va pas sans son écrin, ChaBard est venu sublimer le tout de ses illustrations. Elles sont modernes, colorées, avec une touche d’originalité qui les rend uniques et indipensables pour savourer l’ouvrage. C’est un vrai bonheur de voir les personnages prendre vie au fil des pages.

Si L’Ingénieur de Noël est notre publication forte de ce dernier trimestre 2019, le Bosquet Féérique ne s’arrête pas là. Un appel à textes permanent existe, mais tu es toujours à la recherche de la perle rare. Peux-tu, ici, nous dire ce que tu souhaiterais plus particulièrement lire : tranche d’âges, sujet, univers et atmosphère ?

Au niveau de ce que je recherche actuellement, j’aimerais bien sortir un ouvrage pour les 12 ans et plus, quelque chose d’entraînant et de bien rythmé, qui soit plutôt de la SF ou de la fantasy (pas de fantastique).

Comme toujours, je vais te laisser le dernier mot, mais avant, je voudrais te dire que les Lutins de Kelach sont ravis de te compter parmi eux. Encore une fois « Bienvenue ». À présent, à toi le mot de la fin :

Eh bien merci ! Pour l’accueil et pour cette interview. J’espère qu’elle aura donné envie aux lecteur·rice·s de se procurer L’Ingénieur de Noël, ainsi que de me faire parvenir leurs manuscrits.

*En dehors des tomes précédemment publiés et de la série des Contes des 2 Comtés.

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Interview de Vendarion d’Orépée.

Bonjour Vendarion, puisque c’est là ton nom de plume. D’ailleurs comment l’as-tu choisi ?

De la même manière qu’Arsène Lupin choisissait ses fausses identités dans les romans de Maurice Leblanc : en reprenant les lettres de mon nom véritable et en les assemblant.

Ce nom a en outre une consonance elfique qui me convient parfaitement.

Tu es l’un des associés des Lutins de Kelach, mais surtout, pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, un auteur. Tu as 2 nouvelles dans Fantastique en pays de Chièvres. Peux-tu nous dire un mot de l’histoire qui a mené à la naissance de Fantastique en Pays de Chièvres ? Je crois savoir qu’il est né dans un atelier d’écriture ?

Lorsque j’ai publié « L’Âme de l’Assassin » aux éditions Stellamaris, mon premier roman, j’ai entrepris un long chemin de croix dans le but de me faire connaître. C’est à la bibliothèque de Chièvres que j’ai croisé Claudy Demarez qui m’a proposé de me mettre en contact avec la presse et de faire une intervention au Conseil Communal. À partir de là, je devais prendre une initiative et je me suis dit : « pourquoi pas un atelier d’écriture ? ». Je venais d’en faire un pour les médiévales de Chièvres.

Constant Vincent, qui venait lui aussi de publier son premier roman et suivait (et suit toujours, du moins je l’espère) des études dans le domaine du cinéma m’a aidé à organiser ce projet. Au début, nous n’étions pas certains de déboucher sur un résultat concret, mais nous avons laissé la porte ouverte à une anthologie et les participants ont parfaitement joué le jeu.

Extrait : Les masques du Sultan

Une de tes nouvelles dans Fantastique en pays de Chièvres fait écho à ton roman, les Portes de l’Agartha, lui aussi aux éditions Kelach. Peux-tu nous parler de ce roman ?

« Les Portes de l’Agartha » proviennent d’une nouvelle que j’ai écrit pour l’anthologie « Blitzkrieg » de la série Otherlands. Cette nouvelle met en scène une expédition allemande dont le passager a invoqué une démone qui doit leur ouvrir les portes d’un autre monde. Le roman pousse l’histoire un peu plus loin puisque le passé et la psychologie des personnages et plus détaillée, je donne également plus d’informations sur les habitants de l’autre monde qui n’est pratiquement pas décrit dans la nouvelle.

Extrait des Portes de l’Agartha

Tes héros viennent de deux mondes, un primitif et le nôtre. Pour ces derniers, il s’agit de marins de l’armée allemande à la fin de la seconde guerre mondiale. Si tous ces soldats sont loin d’être des héros, ce choix de faire de certains d’entre eux des hommes honorables a-t-il été dicté simplement par la nécessité – c’est-à-dire la recherche d’artefacts par les allemands – ou porte-t-il un autre message ?

S’il y a un message, je préfère ne pas le révéler. 😉

Pour ce qui est des personnages, je me suis beaucoup inspiré de l’ambiance de « Das Boot » pour l’ambiance et la personnalité du capitaine dont j’avais l’intention de faire le héros de l’histoire… mais je me suis vite rendu compte que des matelots avec un rôles subalternes auraient beaucoup plus de liberté d’action qu’un supérieur qui n’a aucune alternative entre respecter les ordres et se révolter. Certains de ces matelots ont des motivations honorables, et d’autres un peu moins, mais ils doivent se serrer les coudes pour survivre et leur véritable personnalité se révèle dans l’adversité.

Quelles parties de ton roman as-tu préférés écrire ? Celles concernant le monde contemporain ou celles qui se déroulent dans le monde primitif ? Et pourquoi ?

Illustration de Stephane Degeilh

L’un ne va pas sans l’autre, puisque mes sous-mariniers pensent connaître le monde de l’Agartha et les habitants de l’Agartha ont une vague idée de l’existence de notre monde… mais les deux visions sont naturellement déformées.

J’avoue que j’ai pris un réel plaisir à décrire les peuples de l’Agartha, étant beaucoup plus libre d’imaginer les différentes ethnies et leurs coutumes sans avoir à consulter des tonnes de documents. La description de notre monde a nécessité de très longues recherches. Films d’ambiance et documentaires compris, j’ai dû visionner plus de 50 heures de vidéo
.

Pour revenir à toi, as-tu des romans ou des auteurs qui t’ont particulièrement marqué ?

Dans l’ordre chronologique :

« Les conquérants de l’impossible » de Philipe Elby. Une série de SF de la bibliothèque verte ou des adolescents font face à des événements hors du commun… avec des voyages dans le temps et des explorations spatiales.

« Les Rois Maudits » de Maurice Druon a été la première saga à me passionner, je me suis précipité sur les romans après avoir vu la première adaptation télévisée avec l’inoubliable Jean Piat dans le rôle de Robert d’Artois. Il y a eu une seconde version en 2005 qui est généralement moins appréciée. Le principal reproche que je ferais à cette seconde version est d’être beaucoup trop « fantasy » dans les décors et les costumes.

Les grands classiques de l’héroïc-fantasy, beaucoup de sagas (Conan de Cimmérie, Elric de Melnibonée, le Cycle de Thongor)

Sont-ce eux qui t’ont donné l’envie d’écrire ou cette pulsion vient-elle d’ailleurs ?

J’ai eu envie d’écrire à l’époque où je lisais Astérix, les Schtroumpfs et « Pif Gadget » et je me voyais volontiers comme scénariste de bandes dessinées… mais c’est en commençant le jeu de rôle et en découvrant les grandes sagas de fantasy que j’ai envisagé sérieusement d’écrire des nouvelles et des romans.

« L’Âme de l’assassin » est le résultat d’une partie de JdR ayant pour cadre mon propre univers de campagne et les héros ont été créés et incarnés par mes joueurs de l’époque.

les Portes de l’Agartha n’est qu’un début. Une ou des suites sont-elles prévues ? Et qu’est-ce qui nous y attend sans nous spoiler la fin de l’Agartha.

Les derniers chapitres laissent ouvertes plusieurs suites possibles qui permettront de mieux découvrir le monde de l’Agartha, ses liens avec le nôtre et le mystère de la genèse de cet univers… Cet univers est révélé sous forme d’un immense puzzle dont chaque roman ou nouvelle apporte une pièce qu’un lecteur méticuleux peut assembler pour avoir une vision de l’ensemble.

As-tu d’autres projets en tête ?

Plusieurs romans qui seront la suite de « L’Âme de l’Assassin » et des « Portes de l’Agartha ». Bien que j’apprécie les suites, je mets également un point d’honneur à ce que chaque récit soit une histoire complète avec une fin bien définie… et une suite possible.

J’ai remarqué que beaucoup d’auteurs se lancent très rapidement (trop rapidement) dans une saga dont aucun tome n’est compréhensible sans avoir lu les précédents… et abandonnent si le premier volume ne se vend pas, les lecteurs s’en sont évidemment rendu compte et commencent à bouder les sagas incomplètes.

J’envisage également pour Kelach la création d’un magazine de nouvelles d’héroïc-fantasy sur le même modèle que les « Weird Tales » (trimestriel, avec 3 ou 4 nouvelles par numéro), justement pour permettre aux auteurs débutants de se faire la main avec des courts récits et de « tester » leur univers sur le public avant de se risquer dans une saga coûteuse en temps et en argent (en particulier pour les auto-édités).

Je te remercie pour avoir répondu à ces quelques questions. Bonne écriture et comme toujours, je te laisse le mot de la fin.

Sur ma vision des métiers d’auteur et d’éditeur, il y a énormément à dire.

Avec la multiplication des plateformes d’édition en ligne, tout le monde peut écrire et se faire éditer et certains éditeurs peu scrupuleux voient ce phénomène comme un nouvel eldorado, avec l’auteur dans le rôle de la mine d’or qu’on peut exploiter en lui faisant payer des « services d’édition » pour un livre qui ne se vendra jamais faute de promotion. Pour ma part, je considère plutôt les auteurs comme des filons qu’il convient d’encourager et d’orienter.

Au final, les lecteurs ne s’y tromperont pas…

Retrouvez Vendarion D’Orépée sur le site des Editions Kelach.

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Interview d’Elodie Greffe

Autrice des Contes du Grand Chêne, Elodie Greffe se prête avec son sourire et sa jovialité habituelle à notre jeu de l’interview afin de découvrir un peu plus son roman et sa personnalité.


Bonjour Elodie.

Bonjour !

Les Contes du Grand Chêne est ton premier roman. Avant celui-ci t’étais-tu déjà essayé à l’écriture ?

Contes du Grand Chêne

Depuis toute petite je lis énormément mais c’est au collège que j’ai attrapé le virus de l’écriture.
Étudier les structures, les différentes formes de narration, les figures de style, réfléchir à la pensée de l’auteur, à ce qu’il avait pu vouloir transmettre avec son œuvre, tout ça me fascinait, j’avais l’impression de découvrir un nouveau monde.
Mais c’est avec l’écriture d’invention que j’ai vraiment eu le déclic et commencé à écrire mes propres histoires. Ma professeure de français de 3ème m’a encouragée et donnée confiance en moi et je n’ai plus arrêté même si je n’osais pas forcément sortir mes écrits des tiroirs de mon bureau.

Les Contes des 2 Comtés sont une idée de Mestr Tom. Comment s’est effectuée votre rencontre ?

Il avait posté une annonce sur Facebook, il cherchait un auteur pour écrire l’un des recueils des Deux Comtés. Je lui ai envoyé un mail car j’avais plein de questions puis j’ai tenté ma chance en lui envoyant un texte. Il m’a rappelée quelques jours plus tard et c’était le début de l’aventure.

Qu’est-ce qui t’a séduite dans son monde et t’a incité à devenir l’autrice du Grand Chêne ?

Quand j’ai vu l’annonce j’ai tout de suite été intriguée. J’ai été lire et écouter tout ce que je pouvais. J’ai trouvé l’univers dense, riche et plein de belles trouvailles. J’aimais l’idée de développer un univers vaste sur une longue période de temps et de s’adresser aux enfants avec le but de leur faire découvrir et aimer la lecture.

Mestr Tom est quelqu’un de passionné et de passionnant, quand il m’a raconté son univers au téléphone j’ai été conquise et très heureuse de pouvoir y participer.

Peux-tu nous parler brièvement de ton roman sans trop en divulgacher (spolier) ?

La Grande fée (illustration de Romane Gobillot)

L’histoire se déroule dans le Royaume des deux Comtés. Un monde où se côtoient des fées, des lutins, des sorcières mais aussi des vampires et des loups-garous, entre autres.
Quand Big et Bang, à l’origine du monde, ont quitté le Royaume des Deux Comtés, le Professeur en a confié la gestion et l’administration aux deux femmes qui jusque-là s’étaient occupé des jumeaux ; leur mère, qu’il nomme Grande Fée et à qui il confie le royaume des fins heureuses et leur gouvernante qui devient la Fée C en charge de Royaume des Cauchemars.
En théorie ces deux fées doivent travailler ensemble et tout doit bien se passer mais bien évidemment les choses ne sont pas si simples et la situation finit par se compliquer. Heureusement les enfants, de ce monde et du nôtre, ne sont jamais loin et toujours volontaires pour aider et partir à l’aventure.

As-tu un personnage favori dans ton roman ? Lequel et pourquoi ?

J’aime tous les personnages mais j’ai une tendresse particulière pour Léloi. C’est une fée, elle est le bras droit de la Grande Fée. Elle paraît froide et autoritaire mais c’est une carapace, c’est sa fonction qui lui impose ce comportement. En réalité elle est très sensible, loyale et elle s’inquiète en permanence pour la Grande Fée à qui elle tient énormément. Sa position est vraiment difficile mais essentielle.

As-tu un regret ou un élément / personnage que tu aurais aimé développer plus ?

La fée C (illustration de Romane Gobillot)

Ce n’est pas un regret car ce n’était pas mon rôle mais il est vrai que j’aurai bien aimé parler un peu plus de C.
C’est une fée aussi, il arrive des choses terribles en partie à cause de ses actions mais ce n’est pas une « méchante ». C’est une grande force de ce monde d’ailleurs, il n’est pas manichéen, même si le monde est coupé en deux avec l’ombre d’un côté et la lumière de l’autre, personne n’y est tout blanc ou tout noir, ni la Grande Fée, ni C, c’était important pour moi de le montrer.

Cette première expérience d’écriture t’a-t-elle donné envie de poursuivre ? As-tu des projets personnels en ce sens ?

Oui ! C’était une expérience fantastique à chaque étape. J’ai appris beaucoup de choses, rencontré des personnes fantastiques, j’espère que ce n’est que le début, j’ai très envie de continuer.

Pour ce qui est des projets j’ai écrit quelques nouvelles en réponse à des appels à textes et il est prévu que je travaille à nouveau avec Mestr Tom pour la série Augustin Porte où j’aurai la charge et la chance d’écrire un livre du point de vue de Suzanne, l’amie d’Augustin, j’ai vraiment hâte !

Enfin j’ai quelques petites choses qui se mettent en place doucement dans les entrailles de mon ordinateur et à qui j’aimerai donner vie prochainement.

Merci d’avoir pris le temps pour cet échange. Je te laisse le mot de la fin.

Merci à toi ! Que dire ? J’espère vous avoir donné envie de traverser les barrières des mondes pour visiter le Royaume des deux Comtés et j’espère surtout que la balade vous plaira !

Retrouvez tout l’univers des Contes des 2 Comtés sur notre site : Editions Kelach.
Et un le début des Contes du Grand Chêne en suivant ce lien : EXTRAIT.

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Interview de Mestr Tom

Bonjour Thomas. Peux-tu présenter brièvement tes activités passées et présentes ?

Les dieux d’Orobolan

Je crois qu’un journaliste m’a appelé le couteau suisse et que c’est le surnom qui me va le mien.
J’ai été directeur du festival Fan Fantasy pendant 4 ans, Rédacteur en chef du webjournal Fan 2 Fantasy, président de l’association du même nom. Je suis scénariste BD, Auteur-producteur de 6 sagas (Orobolan, Lux Quest, Le Royaume des deux comtés, Ardhaluin, Adhon Island et Augustin Porte), conteur, écrivain et en 2018 j’ai été maître du feu de camp de l’association L’ivre d’histoires.

Avant de parler plus en avant de toi et des tes œuvres, explorons un peu Kelach. Tout d’abord, si la décision du nom « Kelach » a été validé par les associés des Lutins, c’est toi qui a proposé ce nom. Que représente-t-il pour toi ?

C’est le nom de mon formateur en conte. Une personne que j’ai retrouvé au hasard du net et nous avons repris nos discussions comme si nous ne nous étions jamais quitté. C’est un homme qui a toujours gardé une grande imagination, un don pour les autres et un amour des beaux livres et de la lecture.

Parlons un peu de toi. Tu te dis bien plus un conteur qu’un auteur ? Pourquoi ? Quelle différence fais-tu entre les deux ?

Je discutais avec deux écrivains dernièrement et je leur ai proposé d’écrire des contes pour l’un de mes projets, ils m’ont tous les deux répondus ne pas pouvoir le faire. Le conte vient de l’oral, il a des codes différents du roman ou de la nouvelle. Par exemple nous évitons les flashbacks, le récit est linéaire. Je travaille souvent avec des écrivains pour passer du conte au roman justement.  

Lorsque que tu es conteur face à un public ou sur la chaîne You Tube du Roi Conteur. Le travail est-il le même ? En particulier sur l’improvisions, quelle est la part de celle-ci dans ta narration ?

Pour la saison 1 du roi conteur, j’ai voulu décrire la dernière nuit du roi conteur. Il sait qu’il va mourir au matin, il lui reste une nuit pour raconter ses dernières histoires et celle du royaume qui l’a accueilli. Les douze contes ont été filmés en une journée dans les conditions d’improvisations du direct devant un mini public. Je n’avais aucun texte.

Ceux qui te connaissent savent que tu as au moins une idée d’histoire par jour, même si tu ne peux pas toutes les concrétiser. En particulier, tu as signé deux mondes qui ont incorporés les éditions Kelach dans la section. Je parle d’Orobolan et les Contes des deux Comtés. Orobolan va fêter ses dix ans, avec la réédition prévue de l’ensemble de ses titres ainsi que trois inédits. Peux-tu nous parler de cette collection et de ses origines ?

Orobolan venait d’un pari personnel. Ecrire un livre qui viderait ma tête de plusieurs histoires qui traînaient dedans.  J’ai publié le premier d’abord à compte d’auteur puis il a été repris par un éditeur.
Des lecteurs m’ont demandé la suite et comme j’avais commencé à construire l’univers avant d’écrire alors je suis passé à un deuxième tome puis au fur et à mesure des demandes des lecteurs j’ai constitué  une série de livres. Il y a eu des abandons aussi, des idées qui ne menaient pas à des romans aboutis. Finalement dans sa version définitive ce sera 9 romans.

Peux-tu nous parler de la même façon des Contes des deux Comtés qui s’adressent à un public jeunesse et qui est en cours de développement ?

Le royaume des deux comtés est un univers que j’ai créé pour l’académie de Minuit (association L’ivre d’histoires). J’ai prévu une cinquantaine de contes sur 4 saisons et 9 recueils. J’ai travaillé également sur l’apparence de la collection afin d’obtenir un arc-en-ciel ajouté de 2 couleurs pour le début et la fin.

Pour la plupart des titres de ces deux collections, tu t’es associé à plusieurs auteurs pour écrire chaque tome dont la plupart peuvent se lire indépendamment les uns des autres. Tu leur as fourni un univers, un contexte et un synopsis à développer en surveillant que leur imaginaire respecte ton monde. Pourquoi ce choix de déléguer ? N’est-ce pas trop difficile de partager son bébé ?

Non même si c’est arrivé que certains points de l’histoire soient modifiés, on reste souvent conforme à l’idée de départ. Ecrire avec des co-auteurs c’est pouvoir offrir aux lecteurs ce que l’on ne peut pas lui offrir seul. C’est aussi avoir un premier retour constructif sur ses écrits et son univers. Je choisis mes co-auteurs pour ce qu’ils peuvent apporter à l’histoire. Je ne confirais pas le peuple dragon à un écrivain spécialiste des vampires par exemple (et inversement).

J’ai pu noter plusieurs thèmes récurrents dans tes écrits dont celui de l’enfance et particulièrement la maltraitance sous quelque forme que cela soit. Peux-tu évoquer ton sentiment à ce sujet qui devrait tous nous interpeller ?

Ce n’est pas le thème le plus récurrent dans mes écrits. J’aime donner de la valeur à mes personnages et un personnage ne nait pas méchant, il le devient. La cause peut être de la maltraitance physique, psychologique ou du harcèlement scolaire. Quelques soient l’histoire les personnages sont aux centres. Augustin Porte est adopté mais qui est son père, celui qui l’a élevé ou celui qui lui a donné la vie. Dans Orobolan deux personnages sont intéressants Nekheb et Mogdolan deux filles qui ont eu des mères qui n’en portent que le nom. Nekheb est devenue maléfique alors que Mogdolan va représenter l’espoir pour les égarés. Un passé similaire mais deux destins différents.

Tu apprécies particulièrement les mythes, légendes et faits celtiques. Pourquoi ? Qu’est-ce qui t’attire ou t’inspire dans cette culture ?

Le fait qu’elle soit proche de la nature et cette façon qu’on eut les celtes de se mélanger aux autres cultures sans chercher à imposés la leur.

Pour terminer ce cours entretien, as-tu de futurs projets ? Peux-tu nous en parler ?

Finir les deux sagas Orobolan et le royaume des deux comtés. Puis je vais partir sur deux registres très différents avec Andhon Island et Ardhaluin le pieu qui sont deux univers fantastiques pour adulte.

Je te remercie pour tes réponses Thomas.
A bientôt.

Retrouvez Mest Tom et ses mondes et récits sur le site des Editions Kelach.

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Interview de Corine Fayet-Charra, autrice des Contes de Big et Bang.

Bonjour Corinne. Tu es une des associées principales de Kelach et également notre trésorière. Mais avant tout tu es une autrice. J’imagine que, comme beaucoup d’entre nous, tu as cette passion dans le sang depuis fort longtemps ?

Bonjour à toutes et tous.

Depuis l’âge de 14 ans, j’ai en tête qu’un jour j’écrirai un livre. La vie a pris le dessus mais je n’ai jamais oublié cette idée. J’ai toujours pris plaisir à écrire et j’aime soigner le moindre courrier.  

Qu’est-ce qui t’a décidé à te lancer dans l’écriture ?

Je n’arrivais plus à trouver de livre à mon gout donc je me suis dit que c’était peut-être un signe, le moment d’écrire le mien.

Couverture de ChaBarb

Aux Editions Kelach, tu as deux récits : Les signes de la vie, dont tu prépares une suite, mais aussi Big et Bang dont tu viens nous parler aujourd’hui. Ce roman jeunesse fait partie de la série des Contes des 2 Comtés. Peux-tu nous parler brièvement de cet univers dont Mestr Tom est à l’origine ?

Pour faire court, je dirai qu’il y a une île qui aurait pu être paisible mais qui ne l’est pas vraiment. Sur cette île se trouvent deux royaumes, un professeur, des jumeaux, des fées puis une reine, un roi, une princesse mais aussi un tas de créatures imaginaires… Et avec tout ce « petit » monde, il n’y a pas de quoi s’ennuyer… 

Découvrez les Contes de Big et Bang

Même si tous les tomes de la série sont indépendants les uns des autres, ton roman a à la fois le privilège et la difficulté d’initier sur le papier cet univers puisque, chronologiquement, il est au tout début de l’histoire du Monde des 2 Comtés. Comment as-tu abordé ce point ?

Tout d’abord, j’ai eu plusieurs discussions avec Mestr Tom ensuite j’ai lu tous les textes déjà existants qui parlaient des 2 Comtés et j’ai écouté les 2 contes audios concernant mes personnages.

Parle-nous un peu du Professeur, que l’on ne voit que peu, mais qui dans le premier Podcast réalisé par Mestr Tom est la personne à l’origine de tout si je ne me trompe pas ? L’avais-tu en tête durant l’écriture ?

Le professeur est un personnage central puisque c’est LE créateur mais aussi celui qui supervise tout et tout le monde. De par son éloignement, il est quasi absent, ce qui donne d’autant plus d’importance à sa présence. Ce cher professeur a plané au-dessus de mon imagination au tout début du chapitre 1 puis au cours du chapitre 6 et encore plus du 7 et c’est tout car les personnages principaux sont Big et Bang.    

Qu’est-ce qui t’a séduite chez Big et Bang, ces facétieux jumeaux ?

Et bien justement, leurs facéties puisque j’étais libre de leur faire faire un peu n’importe quoi. Ensuite, ce lien très fort et bien particulier qui unit des jumeaux m’a toujours impressionné voir fasciné. 

Illustration de Romane Gobillot

Big et Bang vont croiser quelques créatures. En as-tu un (e) que tu préfères ?

Dans mon recueil de contes, on est au tout début de l’île des 2 Comtés, Big et Bang sont sous la haute surveillance de leur gouvernante respective ce qui ne les empêche pas de leur échapper et de s’accoquiner notamment avec 3 petits lutins farceurs qui ne manquent pas de les entraîner dans leurs bêtises.    

Ton roman, comme tous ceux de la série se constitue de plusieurs chapitres qui sont autant de courtes histoires ou contes qui s’inscrivent dans une trame globale. As-tu rencontré des difficultés pour échafauder ce montage ?

Oui, car je n’arrivais pas à commencer l’histoire. J’ai donc écrit les chapitres dans le désordre. Je suis partie d’une idée, celle de Big et Bén. J’ai ensuite voulu parler de la fête de Beltaine. A suivi le chapitre intitulé « Jour de foire » dans lequel je me suis bien amusée. Ce n’est seulement qu’à ce moment que j’ai écrit le premier chapitre. Et dans la foulée et en ordre chronologique, j’ai rédigé les 3 derniers chapitres.   

As-tu puisé ton inspiration sur des contes connus ou d’autres sources d’imaginaire ?

En grande partie, mon imagination vient de mon expérience de vie. J’ai utilisé des scènes vécues que  j’ai « arrangées » pour être dans le contexte. C’est aussi faire des clins d’œil à mes proches.

illustration de Niko

Les consignes données par Mestr Tom t’ont-elles laissé assez de liberté ou as-tu eu quelques frustrations par les limites imposées par la cohérence de l’univers ?

Oui et non. Pour le chapitre 1, j’avais maintes consignes à respecter puisque, sans y paraître, je devais scrupuleusement décrire l’île des 2 Comtés. En même temps, j’avais carte blanche pour faire évoluer mes jumeaux donc ça a été. Par contre, pour le dernier chapitre, tout pratiquement était dit dans le conte audio donc je n’ai pas pu trop y m’être mon empreinte et c’est relativement frustrant.

Tu as la double casquette de l’écriture pour la jeunesse et pour les adultes. Je ne te demanderai pas si tu as une préférence, mais as-tu une approche différente et un ressenti différent pour chaque domaine ?

Très bonne question. Me sentant bien dans l’écriture pour adultes, j’ai eu, bien sûr, des doutes quant à mes capacités à écrire pour des enfants. Et puis, en fait, tout s’est mis en place très naturellement, je n’ai eu qu’à me positionner en tant que maman.  

Une dernière question : peux-tu en quelques mots nous dire pourquoi nos jeunes lecteurs devraient adorer les Contes de Big et Bang ?

Euh, pas facile comme question. L’écriture est à leur portée. Les événements s’enchaînent donnant envie de tourner les pages afin d’en savoir plus. Le livre commence par une chasse aux trésors qui peut leur rappeler une expérience similaire. D’autres faits mentionnés sont complètement d’actualités : les querelles entre frères (Big et Bang) entre frère et sœur (Bén et Eudes), la bataille pain au chocolat /chocolatine, les crises d’épilepsie de Romane, des grands frères qui épient les petites sœurs, des filles qui se confient leurs secrets…    

Merci Corinne pour ces quelques lignes et nous nous retrouvons très vite au sein de Kelach.

Merci à toi d’avoir préparé cette interview. J’espère avoir donné envie aux enfants mais aussi aux plus âgés (il n’y a pas d’âge pour se faire plaisir) de découvrir les aventures de mes incorrigibles jumeaux.  

Découvrez la biographie de Corinne Fayet-Charra

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