Interview de Mestr Tom

Bonjour Thomas. Peux-tu présenter brièvement tes activités passées et présentes ?

Les dieux d’Orobolan

Je crois qu’un journaliste m’a appelé le couteau suisse et que c’est le surnom qui me va le mien.
J’ai été directeur du festival Fan Fantasy pendant 4 ans, Rédacteur en chef du webjournal Fan 2 Fantasy, président de l’association du même nom. Je suis scénariste BD, Auteur-producteur de 6 sagas (Orobolan, Lux Quest, Le Royaume des deux comtés, Ardhaluin, Adhon Island et Augustin Porte), conteur, écrivain et en 2018 j’ai été maître du feu de camp de l’association L’ivre d’histoires.

Avant de parler plus en avant de toi et des tes œuvres, explorons un peu Kelach. Tout d’abord, si la décision du nom « Kelach » a été validé par les associés des Lutins, c’est toi qui a proposé ce nom. Que représente-t-il pour toi ?

C’est le nom de mon formateur en conte. Une personne que j’ai retrouvé au hasard du net et nous avons repris nos discussions comme si nous ne nous étions jamais quitté. C’est un homme qui a toujours gardé une grande imagination, un don pour les autres et un amour des beaux livres et de la lecture.

Parlons un peu de toi. Tu te dis bien plus un conteur qu’un auteur ? Pourquoi ? Quelle différence fais-tu entre les deux ?

Je discutais avec deux écrivains dernièrement et je leur ai proposé d’écrire des contes pour l’un de mes projets, ils m’ont tous les deux répondus ne pas pouvoir le faire. Le conte vient de l’oral, il a des codes différents du roman ou de la nouvelle. Par exemple nous évitons les flashbacks, le récit est linéaire. Je travaille souvent avec des écrivains pour passer du conte au roman justement.  

Lorsque que tu es conteur face à un public ou sur la chaîne You Tube du Roi Conteur. Le travail est-il le même ? En particulier sur l’improvisions, quelle est la part de celle-ci dans ta narration ?

Pour la saison 1 du roi conteur, j’ai voulu décrire la dernière nuit du roi conteur. Il sait qu’il va mourir au matin, il lui reste une nuit pour raconter ses dernières histoires et celle du royaume qui l’a accueilli. Les douze contes ont été filmés en une journée dans les conditions d’improvisations du direct devant un mini public. Je n’avais aucun texte.

Ceux qui te connaissent savent que tu as au moins une idée d’histoire par jour, même si tu ne peux pas toutes les concrétiser. En particulier, tu as signé deux mondes qui ont incorporés les éditions Kelach dans la section. Je parle d’Orobolan et les Contes des deux Comtés. Orobolan va fêter ses dix ans, avec la réédition prévue de l’ensemble de ses titres ainsi que trois inédits. Peux-tu nous parler de cette collection et de ses origines ?

Orobolan venait d’un pari personnel. Ecrire un livre qui viderait ma tête de plusieurs histoires qui traînaient dedans.  J’ai publié le premier d’abord à compte d’auteur puis il a été repris par un éditeur.
Des lecteurs m’ont demandé la suite et comme j’avais commencé à construire l’univers avant d’écrire alors je suis passé à un deuxième tome puis au fur et à mesure des demandes des lecteurs j’ai constitué  une série de livres. Il y a eu des abandons aussi, des idées qui ne menaient pas à des romans aboutis. Finalement dans sa version définitive ce sera 9 romans.

Peux-tu nous parler de la même façon des Contes des deux Comtés qui s’adressent à un public jeunesse et qui est en cours de développement ?

Le royaume des deux comtés est un univers que j’ai créé pour l’académie de Minuit (association L’ivre d’histoires). J’ai prévu une cinquantaine de contes sur 4 saisons et 9 recueils. J’ai travaillé également sur l’apparence de la collection afin d’obtenir un arc-en-ciel ajouté de 2 couleurs pour le début et la fin.

Pour la plupart des titres de ces deux collections, tu t’es associé à plusieurs auteurs pour écrire chaque tome dont la plupart peuvent se lire indépendamment les uns des autres. Tu leur as fourni un univers, un contexte et un synopsis à développer en surveillant que leur imaginaire respecte ton monde. Pourquoi ce choix de déléguer ? N’est-ce pas trop difficile de partager son bébé ?

Non même si c’est arrivé que certains points de l’histoire soient modifiés, on reste souvent conforme à l’idée de départ. Ecrire avec des co-auteurs c’est pouvoir offrir aux lecteurs ce que l’on ne peut pas lui offrir seul. C’est aussi avoir un premier retour constructif sur ses écrits et son univers. Je choisis mes co-auteurs pour ce qu’ils peuvent apporter à l’histoire. Je ne confirais pas le peuple dragon à un écrivain spécialiste des vampires par exemple (et inversement).

J’ai pu noter plusieurs thèmes récurrents dans tes écrits dont celui de l’enfance et particulièrement la maltraitance sous quelque forme que cela soit. Peux-tu évoquer ton sentiment à ce sujet qui devrait tous nous interpeller ?

Ce n’est pas le thème le plus récurrent dans mes écrits. J’aime donner de la valeur à mes personnages et un personnage ne nait pas méchant, il le devient. La cause peut être de la maltraitance physique, psychologique ou du harcèlement scolaire. Quelques soient l’histoire les personnages sont aux centres. Augustin Porte est adopté mais qui est son père, celui qui l’a élevé ou celui qui lui a donné la vie. Dans Orobolan deux personnages sont intéressants Nekheb et Mogdolan deux filles qui ont eu des mères qui n’en portent que le nom. Nekheb est devenue maléfique alors que Mogdolan va représenter l’espoir pour les égarés. Un passé similaire mais deux destins différents.

Tu apprécies particulièrement les mythes, légendes et faits celtiques. Pourquoi ? Qu’est-ce qui t’attire ou t’inspire dans cette culture ?

Le fait qu’elle soit proche de la nature et cette façon qu’on eut les celtes de se mélanger aux autres cultures sans chercher à imposés la leur.

Pour terminer ce cours entretien, as-tu de futurs projets ? Peux-tu nous en parler ?

Finir les deux sagas Orobolan et le royaume des deux comtés. Puis je vais partir sur deux registres très différents avec Andhon Island et Ardhaluin le pieu qui sont deux univers fantastiques pour adulte.

Je te remercie pour tes réponses Thomas.
A bientôt.

Retrouvez Mest Tom et ses mondes et récits sur le site des Editions Kelach.

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Interview de Corine Fayet-Charra, autrice des Contes de Big et Bang.

Bonjour Corinne. Tu es une des associées principales de Kelach et également notre trésorière. Mais avant tout tu es une autrice. J’imagine que, comme beaucoup d’entre nous, tu as cette passion dans le sang depuis fort longtemps ?

Bonjour à toutes et tous.

Depuis l’âge de 14 ans, j’ai en tête qu’un jour j’écrirai un livre. La vie a pris le dessus mais je n’ai jamais oublié cette idée. J’ai toujours pris plaisir à écrire et j’aime soigner le moindre courrier.  

Qu’est-ce qui t’a décidé à te lancer dans l’écriture ?

Je n’arrivais plus à trouver de livre à mon gout donc je me suis dit que c’était peut-être un signe, le moment d’écrire le mien.

Couverture de ChaBarb

Aux Editions Kelach, tu as deux récits : Les signes de la vie, dont tu prépares une suite, mais aussi Big et Bang dont tu viens nous parler aujourd’hui. Ce roman jeunesse fait partie de la série des Contes des 2 Comtés. Peux-tu nous parler brièvement de cet univers dont Mestr Tom est à l’origine ?

Pour faire court, je dirai qu’il y a une île qui aurait pu être paisible mais qui ne l’est pas vraiment. Sur cette île se trouvent deux royaumes, un professeur, des jumeaux, des fées puis une reine, un roi, une princesse mais aussi un tas de créatures imaginaires… Et avec tout ce « petit » monde, il n’y a pas de quoi s’ennuyer… 

Découvrez les Contes de Big et Bang

Même si tous les tomes de la série sont indépendants les uns des autres, ton roman a à la fois le privilège et la difficulté d’initier sur le papier cet univers puisque, chronologiquement, il est au tout début de l’histoire du Monde des 2 Comtés. Comment as-tu abordé ce point ?

Tout d’abord, j’ai eu plusieurs discussions avec Mestr Tom ensuite j’ai lu tous les textes déjà existants qui parlaient des 2 Comtés et j’ai écouté les 2 contes audios concernant mes personnages.

Parle-nous un peu du Professeur, que l’on ne voit que peu, mais qui dans le premier Podcast réalisé par Mestr Tom est la personne à l’origine de tout si je ne me trompe pas ? L’avais-tu en tête durant l’écriture ?

Le professeur est un personnage central puisque c’est LE créateur mais aussi celui qui supervise tout et tout le monde. De par son éloignement, il est quasi absent, ce qui donne d’autant plus d’importance à sa présence. Ce cher professeur a plané au-dessus de mon imagination au tout début du chapitre 1 puis au cours du chapitre 6 et encore plus du 7 et c’est tout car les personnages principaux sont Big et Bang.    

Qu’est-ce qui t’a séduite chez Big et Bang, ces facétieux jumeaux ?

Et bien justement, leurs facéties puisque j’étais libre de leur faire faire un peu n’importe quoi. Ensuite, ce lien très fort et bien particulier qui unit des jumeaux m’a toujours impressionné voir fasciné. 

Illustration de Romane Gobillot

Big et Bang vont croiser quelques créatures. En as-tu un (e) que tu préfères ?

Dans mon recueil de contes, on est au tout début de l’île des 2 Comtés, Big et Bang sont sous la haute surveillance de leur gouvernante respective ce qui ne les empêche pas de leur échapper et de s’accoquiner notamment avec 3 petits lutins farceurs qui ne manquent pas de les entraîner dans leurs bêtises.    

Ton roman, comme tous ceux de la série se constitue de plusieurs chapitres qui sont autant de courtes histoires ou contes qui s’inscrivent dans une trame globale. As-tu rencontré des difficultés pour échafauder ce montage ?

Oui, car je n’arrivais pas à commencer l’histoire. J’ai donc écrit les chapitres dans le désordre. Je suis partie d’une idée, celle de Big et Bén. J’ai ensuite voulu parler de la fête de Beltaine. A suivi le chapitre intitulé « Jour de foire » dans lequel je me suis bien amusée. Ce n’est seulement qu’à ce moment que j’ai écrit le premier chapitre. Et dans la foulée et en ordre chronologique, j’ai rédigé les 3 derniers chapitres.   

As-tu puisé ton inspiration sur des contes connus ou d’autres sources d’imaginaire ?

En grande partie, mon imagination vient de mon expérience de vie. J’ai utilisé des scènes vécues que  j’ai « arrangées » pour être dans le contexte. C’est aussi faire des clins d’œil à mes proches.

illustration de Niko

Les consignes données par Mestr Tom t’ont-elles laissé assez de liberté ou as-tu eu quelques frustrations par les limites imposées par la cohérence de l’univers ?

Oui et non. Pour le chapitre 1, j’avais maintes consignes à respecter puisque, sans y paraître, je devais scrupuleusement décrire l’île des 2 Comtés. En même temps, j’avais carte blanche pour faire évoluer mes jumeaux donc ça a été. Par contre, pour le dernier chapitre, tout pratiquement était dit dans le conte audio donc je n’ai pas pu trop y m’être mon empreinte et c’est relativement frustrant.

Tu as la double casquette de l’écriture pour la jeunesse et pour les adultes. Je ne te demanderai pas si tu as une préférence, mais as-tu une approche différente et un ressenti différent pour chaque domaine ?

Très bonne question. Me sentant bien dans l’écriture pour adultes, j’ai eu, bien sûr, des doutes quant à mes capacités à écrire pour des enfants. Et puis, en fait, tout s’est mis en place très naturellement, je n’ai eu qu’à me positionner en tant que maman.  

Une dernière question : peux-tu en quelques mots nous dire pourquoi nos jeunes lecteurs devraient adorer les Contes de Big et Bang ?

Euh, pas facile comme question. L’écriture est à leur portée. Les événements s’enchaînent donnant envie de tourner les pages afin d’en savoir plus. Le livre commence par une chasse aux trésors qui peut leur rappeler une expérience similaire. D’autres faits mentionnés sont complètement d’actualités : les querelles entre frères (Big et Bang) entre frère et sœur (Bén et Eudes), la bataille pain au chocolat /chocolatine, les crises d’épilepsie de Romane, des grands frères qui épient les petites sœurs, des filles qui se confient leurs secrets…    

Merci Corinne pour ces quelques lignes et nous nous retrouvons très vite au sein de Kelach.

Merci à toi d’avoir préparé cette interview. J’espère avoir donné envie aux enfants mais aussi aux plus âgés (il n’y a pas d’âge pour se faire plaisir) de découvrir les aventures de mes incorrigibles jumeaux.  

Découvrez la biographie de Corinne Fayet-Charra

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