PROMOTIO

Bonjour Rodolphe. Bienvenue pour ce court interview au sujet de ta nouvelle Promotio, parue dans Demain : Nos Libertés. Pourquoi as-tu choisi de répondre à cet appel à textes ?

Bonjour et merci à toi ! J’ai choisi d’y répondre parce qu’il me permettait de traiter un sujet qui me tenait à cœur, à savoir les libertés individuelles.

La Dystopie t’attire-t-elle particulièrement ?

Oui, en effet. Je pense que la dystopie permet d’extérioriser ses peurs, ses craintes. C’est mon cas. C’est un genre qui nécessite une réelle réflexion sur nos sociétés et sur la place de l’Homme dans celles-ci. Il y a souvent une vision philosophique forte dans les récits dystopiques.

As-tu hésité entre plusieurs sujets ou Promotio t’est-il venu tout de suite, comme une évidence ?

Je savais que je voulais traiter de la Liberté : de conscience, de penser, mais aussi liberté d’action. A partir de là, j’ai cherché un modèle de société dans la- quelle les citoyens en sont privés.

Cette idée de libertés à mériter par paliers est juste effrayante, impliquant un comportement irréprochable de tout instant pour ne pas chuter.  Ne retrouve-t-on pas là – à un moindre niveau – la réalité à l’intérieur de certaines entreprises ?

Si bien sûr ! Et dans la vie de manière plus générale. Beaucoup paient très cher des erreurs commises. Dans Promotio, le résultat est sans appel : retour tout en bas de l’échelle sociale ; pas de deuxième chance !

Image par Gerd Altmann de Pixabay

Ton personnage principal, Chris, prend tous les jours un risque notable en se mettant au bord du précipice. Il est possible d’interpréter ce geste de différentes manières entre prise de conscience et révolte. Comment le voies-tu ?

C’est à mon sens, la réelle tragédie de Promotio : c’est fondamentalement la seule liberté que leur laisse la société : rentrer ou non le bon code. Chris joue avec cela, pour garder l’illusion que sa vie lui appartient encore ! Il nourrit l’illusion que s’il continue à jouer à ce « jeu »-là, entendez l’échelle citoyenne, c’est qu’il le veut bien ! Mais évidement, la situation est plus complexe.

Le contrôle des libertés, mais aussi de la pensée est au cœur de ta nouvelle. À l’ère d’internet – loin du programme de Promotio -, penses-tu qu’il est encore possible d’être manipulé à travers les médias ?

Cela dépend de ce que l’on fait d’internet ! Le web foisonne de points de vue, d’opinions. Chacun peut y voir ce qu’il a envie d’y voir. Il est plus sûr, il me semble, de se forger sa propre analyse d’un fait. Ensuite, « manipuler » a un côté complotiste, je dirais que les médias induisent des opinions. Qu’ils en soient conscients ou pas d’ailleurs. Mais je ne pense pas qu’ils puissent ne pas le faire ! Déjà, le choix des sujets qu’ils traitent en dit long : le citoyen aura connaissance ou non d’un fait, en fonction de ce qu’aura décidé le média. Ensuite, la manière dont il est relaté, les adjectifs utilisés : « le pauvre homme », « ce triste jour » etc… Le lecteur sait comment se positionner.

La conclusion de ton histoire est très particulière il est impossible de l’évoquer sans en gâcher la révélation ; il y aurait pourtant beaucoup à dire tant elle permet d’évoquer d’autres libertés et contraintes. Nous nous en abstiendrons, aux lecteurs de découvrir cette fin dans l’anthologie et le début de ta nouvelle ci-dessous. Aurais-tu une dernière réflexion sur Promotio que tu voudrais partager avec nous ?

Oui.
Demain, il se pourrait qu’il neige !

Retrouvez plus d’informations sur notre site :

Les Editions Kelach

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Ils parlent de Demain : Nos Libertés.

Nous vous mettons ici les liens vers 3 chroniques qui donnent leur avis sur les nouvelles de Demain : Nos libertés.

Tout d’abord, une très belle analyse de Litzic. Sur son blog, outre des chroniques de livres, il parle également de musiques : LIEN

En deuxième lien, voici la chronique d’Inomra : LIEN

Et pour finir, celle de Clémence Chanel, elle-même auteure de l’ultime nouvelle de cette anthologie : LIEN

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LA COULEUR JAUNE

La Couleur Jaune écrite par Elodie Greffe est la deuxième nouvelle de l’Anthologie Demain : Nos Libertés, dirigée par Cécile Durant.

Bonjour Élodie,

Bonjour !

Tu m’as as déjà accordé un interview pour ton roman jeunesse « les Contes du Grand Chêne » (LIEN) dans lequel tu nous faisais part d’autres projets et te voici dans « Demain : nos libertés », un véritable grand écart. D’où ma première question, travailles-tu différemment entre un texte jeunesse et un texte adulte ?

Oui et non. Le travail de base est le même : développer une idée, regarder ses personnages grandir et mûrir, voir l’histoire prendre forme et en assurer la cohérence, mais je m’adresse à un public différent et, forcément, cela influe sur ma façon de faire.

Je peux me permettre une certaine liberté de ton, et une explicitation de la violence, dans un texte adulte, ce que je n’envisagerai même pas pour un texte jeunesse.

 Je pense que tous les thèmes peuvent, et doivent, être abordés en littérature jeunesse, même les plus difficiles, mais, en tant qu’auteur, il est de notre responsabilité d’être particulièrement vigilent à la forme de nos récits et au choix de nos mots lorsque l’on s’adresse à un jeune public.

Quel format préfères-tu roman ou nouvelle ?

Ils ont chacun leurs avantages. Le roman permet de passer plus de temps avec ses personnages, de développer d’avantage son histoire. La nouvelle impose plus de contraintes et nous pousse à aller à l’essentiel mais avec le même objectif : avoir un impact sur le lecteur, le faire ressentir, réfléchir. C’est très stimulant. Ecrire des nouvelles est formateur et frustrant, cela nourrit ma créativité, c’est quelque chose d’essentiel pour moi, même si je préfère, quand même, le format roman à cause de la liberté qu’il permet.

Comme tu l’as indiqué dans ta présentation sur le site de nos éditions (LIEN), tu es enseignante comme l’héroïne de ton histoire. Conçois-tu l’écriture comme un support pour transmettre un savoir, des idées ou des sujets de réflexions ?

Pour le moment, je ne suis pas enseignante. J’ai étudié pour le devenir, mais je n’ai pas (encore) exercé. Devenir professeure était mon rêve d’enfant. J’ai décidé de cet objectif à l’âge de quatre ans et je n’en ai jamais démordu de toute ma scolarité. Mes différents professeurs ont eu un impact très important dans ma vie, en général, et dans mon rapport aux livres et à l’écriture en particulier. Les enseignants étaient, et sont toujours, mes héros, mais les conditions d’exercice sont devenues tellement difficiles à l’heure actuelle, que je ne sais pas si je serai à la hauteur, alors oui, écrire est aussi, à ma petite échelle, un moyen de transmettre et d’induire une réflexion chez le lecteur. La lecture ne peut remplacer l’instruction mais est, pour moi, un complément important sinon essentiel qui participe à l’enrichissement intérieur de l’individu, à sa remise en question et à son ouverture sur le monde.

Dans ta nouvelle à l’avenir sombre, la ségrégation ethnique est poussée à son extrême. Pourquoi avoir choisi de traiter cet aspect de privation de libertés ?

Le rejet, la haine de l’autre car « différent » est quelque chose qui me révulse et me terrifie. Constater à quel point cette haine gangrène encore nos sociétés en 2020 et voir des individus se revendiquer fièrement racistes ou xénophobes, sur les réseaux et dans leur vie de tous les jours, me révoltent. Je ne comprends pas comment on peut, encore, en être là, comment on peut laisser passer ce genre de comportement. Cela m’angoisse pour l’avenir. Une société qui exclue est une société qui perd son humanité. Pour moi, cela s’imposait dans la dystopie. En développant cela à l’extrême dans ce texte, même si, malheureusement, l’histoire nous a déjà montré qu’extrême ne veut pas dire impossible, je voulais faire réfléchir les lecteurs. Comprennent-ils vraiment ce que rejeter l’autre implique ou peut impliquer ?  Est-ce vraiment ce qu’ils veulent pour la société ? Le racisme tue, encore aujourd’hui.  

Ton héroïne, Alice, passe « de l’autre côté du miroir ». La référence est-elle purement affabulation de ma part ou est-ce volontaire ? Car après tout, cet autre monde qu’elle va découvrir est pure folie humaine.

Le passage d’un monde à l’autre, et avec lui la figure d’Alice aux pays des merveilles, est un thème récurrent dans mes écrits. La bascule peut être physique, le personnage est alors placé dans un environnement qui lui est totalement étranger, ou plus symbolique, le personnage acquière des connaissances qui lui permettent d’avoir un autre regard sur le monde qui l’entoure, pour le meilleur ou, souvent, pour le pire. C’est une bonne façon de questionner ce qui nous entoure, et nous même par la même occasion. La référence est donc volontaire.

Ici, Alice combine les deux situations, le monde qu’elle découvre lui semble étranger mais c’est aussi le sien. On peut avoir l’impression qu’elle change d’univers mais, tout ce qui se passe, a lieu au bout de sa rue. Il n’y a pas deux mondes : l’extérieur et l’intérieur, mais un seul qui choisit d’exclure une partie de ses membres. Elle le savait, sans savoir vraiment ce que cela pouvait impliquer, elle est confrontée brutalement à la réalité.  Le fait que ce qui se passe à l’intérieur des murs soit toléré, voir encouragé en dit beaucoup sur la société dans laquelle vit Alice.

On peut se poser la question de savoir si l’extérieur est vraiment maintenu dans l’ignorance par la force ou s’il préfère ignorer ce qui se passe de l’autre côté des murs. La responsabilité n’est-elle que politique, étatique, où chacun a-t-il sa part de responsabilité parce qu’il soutien, tolère, accepte, excuse, détourne le regard, ignore, plus ou moins volontairement, ce qui se passe ?

Merci, Élodie, avant de laisser les lecteurs découvrir les premières lignes de ta nouvelle, voudrais-tu ajouter quelque chose sur ta nouvelle ?

J’ai conscience que cette nouvelle peut être assez dure et violente, à l’image des sujets qu’elle aborde mais j’espère malgré tout vous avoir donné envie de découvrir Alice et de franchir les murs avec elle.

Retrouvez toutes les Editions Kelach sur notre site :

Editions-Kelach.com

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Appel à textes : Nouvelles

Pour sa collection d’anthologies, Nouvelles Graines, Kelach lance un appel à textes temporaire.

Appel pour les nouvelles uniquement !

Kelach recherche des nouvelles de science-fiction, fantasy ou fantastique, mais aussi de littérature blanche ou historique, entre 15 000 et 50 000 SEC, répondant au thème « Terre-Mère ».

Les nouvelles à sensibilité écologique sont particulièrement recherchées.

Les nouvelles devront être envoyés par mail à
nouvellesgraines.kelach@gmail.com
avec pour objet le titre de votre nouvelle suivi de votre nom.

APPEL À TEXTES TEMPORAIRE
Date limite d’envoi : le 31 MARS 2020 minuit

Avant de nous faire parvenir vos œuvres, n’oubliez pas de jeter un œil aux consignes de nos appels à textes (format, taille, mise en page…)

CONSIGNES

Au plaisir de vous lire !
L’équipe Kelach

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LA LOI DU TALION

La loi du Talion est une des nouvelles que vous trouverez dans l’Anthologie « Demain : Nos Libertés ».

Son auteur, Gilles Madic, nous en parle.

Bonjour Gilles.
Ton récit ouvrant le bal de Demain : nos libertés, à toi d’inaugurer cette série de présentations des nouvelles dystopiques qui sont regroupées dans cette formidable anthologie.
Comme l’indique ta courte biographie (LIEN), tu es un jeune auteur fervent de récits courts, même si tu te lances également dans le roman. Peux-tu, en quelques mots, nous présenter ta nouvelle la Loi du Talion ?

GM : Un fait divers sert de prétexte au vote d’un décret fondé sur l’ancestrale loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent : les meurtriers subiront les horreurs qu’ils ont commises et leur châtiment sera diffusé en prime time. Un homme ordinaire prend goût à ce divertissement..
Ce récit raconte la dérive d’un homme et du système judiciaire.

Le sujet central de la Loi du Talion est la justice ou plutôt la punition face aux actes criminels. Ton récit va bien au-delà de la peine de mort. Pourquoi avoir choisi ce thème ?

GM : La peine de mort a été abolie il y a bientôt quarante ans. Pourtant, le consensus autour de cette mesure reste fragile. Plus de 50% de Français sont favorable à la peine capitale s et ce chiffre progresse depuis 2010 : le débat est loin d’être réglé. Certains partis surfent soufflent sur les braises, il suffit d’une étincelle pour mettre le feu à notre Constitution. Un changement de gouvernement, par exemple. Chaque scandale participe à influencer la population dans ce sens, je suis angoissé par la radicalisation des opinions et la libération de discours nauséabonds. Mon récit se déroule d’ailleurs dans un futur pas si lointain.

La Loi du Talion parle également de l’addiction télévisuelle et le voyeurisme morbide. As-tu eu une source d’inspiration romanesque pour ceux-ci ou est-ce simplement la déferlante de télé-réalités plus exhibitionnistes les unes que les autres qui t’a interpellé ?

GM : Les émissions de télé-réalité qui ont déferlé dans les années 2000 se sont essoufflées, elles n’intéressent plus grand-monde. En revanche, le voyeurisme a pris d’autres formes avec les réseaux sociaux. On s’exhibe volontairement, pour la plupart d’entre nous, on se compare, se juge, nous sommes tous un peu voyeurs. Si l’on ajoute à cela une propension naturelle de l’homme à la fascination pour le sordide, le terreau est là pour un voyeurisme morbide.

J’ai trouvé ta nouvelle passionnante et dure, mais aussi dérangeante. Avec son début (à lire plus bas), tu nous plonges dans une actualité prégnante et, de fait, nous rallies à l’opinion du narrateur avant de glisser vers l’effroyable, imposant une véritable réflexion aux lecteurs, presque une exploration de leurs convictions et de leur conscience. En écrivant la Loi du Talion avais-tu ce but en tête dès le départ ?

GM : Je voulais montrer à quel point notre opinion peut être amenée à changer vis-à-vis de certains principes moraux. Cette modification peut se produire en douceur, insidieusement, grâce à des arguments qui peuvent paraître censés. Si l’on ne fait pas attention, on peut tous basculer dans l’inhumanité. Je pense qu’il est important de s’imposer des moments de réflexions calmes, loin de l’agitation des réseaux sociaux et de l’information en continu dont on nous abreuve, de ce présent qui nous colle sans cesse. Un peu de philosophie, de recul, des dialogues argumentés et posés peuvent aider à sortir de cette frénésie et de cette violence grandissante.

Merci, Gilles, pour cet échange, à présent, laissons aux lecteurs découvrir les premières lignes de ta nouvelle :

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[Interview croisée] Fantastique en pays de Chièvres (seconde partie)

Suite et fin de notre interview croisée des quatre auteurs de notre anthologie chièvroise…

Si vous n’avez pas lu le début, c’est ICI

Le petit jeu du croisement de cette interview va vous faire parler de l’un des textes, autre que le(s) vôtre(s), se trouvant dans cette très belle anthologie. La question est simple (ou pas) : qu’avez-vous particulièrement aimé dans le texte que je vous indique ? (Eh oui, je ne vous laisse pas le choix ou presque).

Stéphane Triquoit (ST) [sur l’un des deux textes de V. D’Orépée] : « Un dialogue qui amène bien son lot de révélations, avec de multiples références à l’imaginaire wagnérien dans « L’inconnu de la Hunelle ».

L’inconnu de la Hunelle : lire le début.

Églantine Gossuin (EG) [sur l’un des deux textes de C. Vincent] : « Parlons donc du texte suivant « Le Rêve des ombres ». Avec Constant, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Il surprend par son style, nous tient en haleine par le suspens qui règne dans ses textes et c’est ce qui est le plus alléchant. C’est justement ce climat que j’aime particulièrement au cours de cette nouvelle. Au bout de quelques lignes, on ressent bien l’atmosphère de l’histoire et on n’a qu’une envie : tourner les pages pour  en connaître la suite. »

Le rêve des ombres : lire le début

Constant Vincent (CV) [sur le texte de S. Triquoit] : « Stéphane apporte une très grande attention aux détails historiques, c’est important pour un récit qui se passe dans un cadre comme celui qu’il a choisi. Quand j’écris, j’ai souvent du mal à me forcer à faire des recherches pour être précis, vraisemblable, j’ai tendance à me dire que certains détails sont sans importance ou chargeraient trop l’écriture. Mais souvent, ce sont ces détails-là qui donnent au récit la touche de crédibilité nécessaire pour que le lecteur oublie que ce qu’il lit est une fiction, et Stéphane n’a pas peur d’éplucher tout un document pour trouver ce genre de pépites. »

L’aigle et le loup: lire le début

Vendarion d’Orépée (VdO) [sur le texte de E. Gossuin] : « Un beau jour, Églantine est venue nous présenter un récit qui n’avait rien à voir avec le projet dont elle nous avait parlé la réunion précédente : c’était un étrange récit à la première personne dont le héros, un jeune voleur dont nous ne savions rien, se réfugiait dans une forêt magique poursuivi par des hommes d’armes, les animaux et les plantes de la forêt volant à son secours. Ni nous, ni Églantine elle-même ne savions qui était ce personnage, mais nous voulions tous en savoir plus et, peu à peu, la légende de la forêt de Cervia est née.
L’intérêt de cette nouvelle, outre sa genèse très particulière, est la leçon qu’on peut tirer de la curieuse association des personnages que tout oppose : un voleur à moitié sauvage, une magicienne érudite en quête de vengeance et une reine des elfes. Malgré ces différences (ou peut-être à cause d’elles), ce groupe triomphe de l’adversité. Une leçon que ceux qui travaillent dans l’édition devraient méditer. »

Le fils du forgeron : lire le début

Continuons sur l’échange que vous avez su si bien faire durant votre atelier d’écriture et lors de votre dédicace réussie à Huissignies (Belgique). Je vous invite à poser une question à l’un de vos collègues et là encore, je ne vous laisse pas le choix :

VdO à S. Triquoit : « Alors qu’il y a tant de magie en Irlande, tant de mystères dans la cordillère des Andes et tant de secrets enfouis dans les sables d’Égypte, pourquoi diable cette passion exclusive pour la Ruritanie ?« 

(ST) : « Il est erroné de dire que ma passion va exclusivement vers la Ruritanie, un pays imaginaire qui a donné son nom à un sous-genre de récit d’aventures se passant dans des contrées fictives d’Europe centrale, comme par exemple Tintin et le Sceptre d’Ottokar. J’en parle souvent car c’est le projet de récit le plus élaboré sur lequel je travaille, parce qu’il faut bien imaginer et construire toute une Histoire politique, sociale et culturelle de deux pays s’inspirant de l’Allemagne et de la Tchécoslovaquie au Moyen-Âge.
Quant à l’Histoire, le folklore, les légendes et mythologies des différentes régions du monde, elles constituent mes sources d’inspiration majeures pour mes récits, mais s’inscrivent plutôt dans des récits courts, comme des nouvelles ou des one-shots, plutôt que dans une longue saga élaborée sur plusieurs tomes. »

EG à V. D’Orépée : « Quels sont tes principaux sujets d’inspiration ? »

(VdO) : « Tout ce que je lis, tout ce que je vois et tout ce que j’entends est une source possible d’inspiration, autant dire que je ne risque pas d’en manquer. Mon univers de fantasy mêle les légendes de la table ronde avec les stéréotypes « classiques » du med-fan donjon, avec mon point de vue particulier.
Ainsi, j’ai créé mon « université de magie » à l’époque où j’étais encore aux études secondaires, dans un internat que je trouvais assez pénible. J’y ai intégré les querelles des mages de haut rangs pendant ma brève période de militantisme politique et Fizran l’assassin est arrivé tout naturellement avec l’influence d’auteurs qui ont campé des personnages hauts en couleur, en particulier Hugh-la-Main dans Les Portes de la Mort de Margaret Weis et Tracy Hickman, et L’Assassin Royal ensuite.

Pour Les portes de l’Agartha, j’ai puisé dans mes connaissances et mon intérêt pour la 2e Guerre mondiale, les mythologies, et je me suis laissé influencer par un roman fantastique (dans tous les sens du terme) de James Herbert, La lance, qui évoque une secte néo-nazie en quête d’une lance magique liée aux mythes du Graal et dont le décorum tourne autour du Parsifal de Wagner (qu’on retrouve dans le discours du sorcier « Barbo » et dans les références de « L’inconnu de la Hunelle »). »

CV à E. Gossuin : « Si tu ne pouvais absolument pas écrire dans le style fantastique, écrirais-tu quand même ? Et, si oui, dans quel genre ? »

(EG) : « Bien sûr que j’écrirais ! L’écriture est nécessaire, indispensable à mon être. Le fantastique permet de s’évader et multiplie les possibilités mais n’est pas nécessairement le seul genre avec lequel je me sens à l’aise.  Avant d’oser le fantastique, je m’étais plutôt axée sur la poésie, la prose, en abordant des sujets du quotidien. Je continue encore à m’aventurer dans le domaine de la poésie, mais j’aimerais approfondir l’exercice de la nouvelle.
Le décès d’un proche il y a peu m’a fait prendre conscience de la nécessité de vivre pleinement chaque jour, et j’ai envie de parler de ce sujet un peu plus « terre-à-terre » dans une prochaine nouvelle. »

ST à C. Vincent : « As-tu un roman ou une saga d’ampleur en projet ? Si oui, en quoi cela consiste-t-il ?« 

(CV) : « Je ne sais pas si on peut vraiment considérer cela comme une saga d’ampleur, mais j’ai effectivement une série de deux livres minimum, dont l’un consistant en un recueil de nouvelles, en projet. Sans vouloir trop en dire, disons que le premier relatera différents moments de la vie d’une jeune aventurière dans un monde fantastique. Le second se déroulera quelques années après la fin du précédent et sera le récit de l’existence de plusieurs personnages, bons et mauvais, qui vivent une existence influencée par les actes passés de cette aventurière et de ses compagnons. Cette partie-là pourrait éventuellement se décliner en plusieurs volumes. Navré pour le manque de détails, mais l’histoire est toujours en formation et je préfère ne pas risquer de dire une chose qui changerait par la suite. »

Merci à tous les quatre d’avoir joué le jeu et merci pour vos textes qui sont venus merveilleusement créer Fantastique en Pays de Chièvres. Un dernier mot ?

(VdO) : « Si je devais répondre littéralement, j’hésiterais entre « camion » et « pouet pouet ».
Plus sérieusement, je pense qu’il y aura d’autres ateliers d’écriture et d’autres anthologies, même si j’ai dû y consacrer énormément de temps de préparation. Mais j’ignore encore dans quel cadre et dans quelles circonstances. L’essentiel est que cette expérience m’a permis d’entrer en contact avec des personnes exceptionnelles (les co-auteurs bien sûr, mais aussi tous ceux qui nous ont aidé à diffuser l’anthologie) et ce résultat valait bien ces efforts. »

(ST) : « Eh bien, vu que nous sommes tous des écrivains en devenir, je souhaite que l’inspiration nous vienne à tous et que chacun réussisse dans ce qu’il entreprendra. »

(EG) : « À mon tour de présenter mes remerciements aux participants de l’atelier pour leur bonne humeur, leurs échanges constructifs, leur esprit critique, pour m’avoir permis de vivre cette expérience ! Enfin, toute ma gratitude à l’équipe des Lutins de Kelach pour le suivi, la lecture, relecture… des textes, les corrections, la patience que celles-ci nécessitent. Quand on est débutant en écriture, on marche un peu sur des œufs, on sait ce qu’on veut raconter dans les grandes lignes, mais pas toujours comment y parvenir. En étant bien entouré, tout paraît soudainement bien plus clair ! Alors gratitude à la vie et à vous tous ! »

(CV) : « Asclépiade. »

Et n’oubliez pas de retrouver Fantastique en pays de Chièvres sur notre site :

Editions Kelach

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[Appel à textes] Dystopie à la Française : les heureux élus

Avec plus de 80 textes reçus, notre Appel à Textes a remporté un vif succès.

Pour rappel, le thème en était :
Dystopie au sens très large du terme, qu’elle soit une franche réussite, une utopie qui a mal tourné ou qu’elle soit sur le point de s’écrouler sous une révolte populaire.

Bien entendu, nous ne pouvions pas retenir l’ensemble des textes et nombreux sont ceux de qualité que nous avons dû écarter.
Nous tenons à remercier l’ensemble des auteurs et autrices qui nous ont envoyé leurs récits passionnés et les invitons à retenter leur chance lors d’un prochain AT.

Place à présent aux heureux élus :

Anaïs Hay avec Pluie de doutes
Clémence Chanel avec Tentez votre chance !
Clémence Teixeira-Leveleux avec Tenna
Elodie Greffe avec La Couleur Jaune
Franck Stevens avec Dix Mille Milliards d’Élysées
Floriane Derain avec La vie du bon côté
Gilles Madic avec La loi du Talion
Hugues Blot & Aurélie Genêt avec Coupée en deux
Laura P. Sikorski avec Fausse Donne
Rodolphe Le Dorner avec Promotio

Des textes forts, faisant parfois écho à l’actualité, esquissant souvent des sociétés dérangeantes, abordant toujours des sujets de réflexion atemporels, dans un savoureux mélange de drames personnels et de rares sourires.
Un magnifique panel de nouvelles réunies et corrigées par la directrice de la collection Nouvelles Graines, Cécile Durant.

Une anthologie à découvrir en avant première au Salon Fantasy en Beaujolais à Saint-Didier-sur-Chalaronne (01), samedi 16 et dimanche 17 octobre 2019.
Les Lutins de Kelach y seront avec pas moins de 4 auteurs et autrices sur le stand et notre DC Cécile, ainsi qu’une autrice sur son propre stand.

Venez nombreux pour y découvrir : Demain : Nos Libertés.

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[Interview croisée] Fantastique en pays de Chièvres (première partie)

Bonjour à tous, vous voici réuni dans une interview croisée au sujet de l’anthologie Fantastique en pays de Chièvres qui a fait un formidable démarrage.
Dans un précédent entretien, Vendarion d’Orépée nous a indiqué l’origine de cette anthologie, née dans un atelier d’écriture. Nous ne reviendrons donc pas dessus. Mais chacun d’entre vous, qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ?

Églantine Gossuin (EG) : « Un attrait familial dans un premier temps. Mon grand-père écrivait de courtes citations, ma mère des poèmes et tout naturellement, j’ai apprécié, admiré ce moyen d’expression.  Mes nombreuses lectures m’ont amené à prendre, à mon tour, ma plume afin d’épancher mes sentiments, de coucher sur le papier mes chagrins, mes joies au fil de courts poèmes en prose.
Quand j’avais 16 ans, je suis tombée sur l’annonce d’un concours de nouvelles et là je me suis dit « Pourquoi pas ? ». J’ai relevé ce nouveau défi et découvert que l’exercice était astreignant, mais surtout révélateur de mon besoin d’écrire, encore et encore. L’écriture est une passion, un mode d’évasion qui me comble à chaque fois que je m’y mets. »

Stéphane Triquoit (ST) : « Depuis tout jeune, j’ai toujours eu une imagination débordante pour élaborer et raconter des histoires. Voyant qu’un atelier d’écriture se tenait non loin de chez moi, je me suis dit que c’était l’occasion de m’y exercer afin de faire connaître mes créations au public. »

Constant Vincent (CV) : « Je crois que c’est vers la 4e secondaire, je venais de rencontrer l’un de mes meilleurs amis encore aujourd’hui – coucou Xavier – qui lui avait commencé un livre à l’époque. J’étais très renfermé durant mes premières années de secondaire, plutôt versé dans le dessin et la lecture que le sport ou autre activité « sociale ». Bref, il m’a parlé de ses personnages, de son intrigue et je me suis dit qu’il serait intéressant d’essayer de mon côté aussi. Alors, pendant une heure de fourche, j’ai pris mon bloc de feuilles et j’ai commencé à écrire un début d’histoire, comme il me venait. Xavier l’a lu et a adoré. Ça m’a donné l’envie de continuer et cette ébauche est finalement devenue la base de mon premier roman, Les Terres du Nord. »

Vendarion d’Orépée (VdO)  : « L’envie d’écrire, tout simplement. Plus jeune, j’étais très attiré par la BD, je lisais des magazines avec des histoires « à suivre » et j’inventais moi-même la suite en attendant le numéro suivant pour voir à quel point j’étais éloigné des idées de l’auteur. Je me suis mis sérieusement à écrire après avoir fait du JdR et j’ai commencé par un scénario pour JdR Mag, puis un premier roman en 2016. »

Pourquoi le fantastique et non un autre genre littéraire ?

(VdO) : « Au début, j’étais plutôt attiré par la SF, un peu grâce à Star Wars, à une période des années 80 où tous les animes ou presque étaient de la SF et aussi avec les séries SF de « Fleuve Noir » que je dévorais avec avidité pendant mes trop nombreux trajets en train. Par la suite, mes goûts se sont heureusement diversifiés, même si j’écris toujours dans la littérature de l’imaginaire. »

(CV) : « Quand j’étais petit, j’ai eu droit à Harry Potter, que ce soit en livre comme en film, j’étais fana de la trilogie cinématographique du Seigneur des anneaux et j’ai attendu avec impatience chaque nouveau roman de la saga de L’Héritage (Christopher Paolini).
Bon, sur le côté il y avait aussi Star Wars –qui a cassé les pieds de mes parents à force de passer dans le magnéto- mais niveau littéraire, ma bibliothèque était clairement dominée par le genre fantasy. C’est peut-être l’aspect médiéval qui m’attire toujours, depuis les livres d’histoire avec des illustrations de chevaliers et de châteaux forts, je ne sais pas trop.
Aujourd’hui, j’aime diversifier mes lectures : science-fiction, post-apo, dystopie… Sans doute que je changerai de style à un moment, parce que ça m’attire aussi. En soi, j’ai envie d’écrire de tout, tant que ça n’évoque pas le quotidien du monde. Les thrillers, par exemple. Mettez un mystère, du suspens, une enquête et des meurtres tant que vous voulez, vous êtes certains de ne pas donner dans la banalité. Mais ça reste la plupart du temps sur trame de fond réaliste. Et je dis ça en étant réellement admiratif du niveau de certaines intrigues ! Ce que je veux dire, c’est que personnellement, ça me fatigue un peu de lire des histoires qui me rappellent que notre monde est loin d’être aussi bien qu’il le devrait actuellement, même si on peut retrouver le même syndrome en fantasy, dans des œuvres qui s’inspirent beaucoup de l’actualité. Et puis, au final, un thriller, c’est bien, mais un thriller avec des dragons, c’est mieux ! »

(ST) : « Avec les récits d’aventure, il s’agit de mon genre préféré car il met les Humains face à des forces et des créatures qu’il ne voit ou ne saisit pas entièrement. Passionné de folklore, de mythologies et de sciences occultes, le fantastique constitue ainsi le registre de prédilection pour mélanger et intégrer ces éléments dans des récits avec un cadre historique bien déterminé. »

(EG) : Parce que le fantastique et la fantasy sont des univers très vastes qui ouvrent des portes sur des sujets ordinaires et extraordinaires. J’ai toujours ressenti une attirance pour les légendes, le monde de la féérie, de la chevalerie, les encyclopédies de dragons et autres êtres mystérieux. J’ai lu de nombreux romans d’auteurs de tous horizons allant de Stephen King à Robin Hobb, de Flavia Bujor à C.S. Lewis…  J’ai eu envie de m’y mettre, de créer mon univers, mes personnages, de faire vivre tout ce petit monde aux étranges capacités qui rodait dans les couloirs de mon esprit. »

Avez-vous un auteur ou un roman qui vous a particulièrement marqué ? Et pourquoi ?

(ST) : « De tout ce que j’ai lu jusqu’à présent, je dirais que ce serait la saga de romans historiques Les Rois maudits de Maurice Druon, le genre de récit bien écrit qui nous divertit autant qu’il nous instruit que ce soit par rapport à l’Histoire du royaume de France ou encore l’origine de certains mots et expressions. Sans oublier qu’il y a de nombreuses passages évoquant la sorcellerie, les superstitions ou pratiques religieuse de l’époque. »

(VdO) : « Il y en a plus qu’un : Maurice Druon pour Les Rois Maudits, un très très grand roman historique, que j’ai découvert grâce à l’adaptation télévisée de 1972 avec Jean Piat.
Margaret Weiss et Tracy Hickman pour Les Portes de la Mort avec cet étrange univers coupé en quatre par la magie des sartans et les peuples qui essaient d’y survivre. Mais aussi pour le personnage de « Hugh la Main », mon premier roman adoptant le point de vue d’un assassin.
Et fort logiquement Robin Hobb pour L’Assassin Royal. On retrouve dans Fizran un peu de Hugh et un peu de Fitz-chevalerie. »

(EG) : « C’est une question assez complexe puisque chaque lecture vous apporte quelque chose, mais si je devais sortir un auteur du lot, ce serait Robin Hobb. Tout d’abord parce que c’est elle qui m’a vraiment fait plonger dans l’univers de la fantasy à la lecture de la saga de L’Assassin Royal. J’ai dévoré l’ensemble des tomes à plusieurs reprises, d’ailleurs.
Ensuite, parce qu’elle a une capacité à mettre en mot des personnages aux facettes multiples. Qu’importe que l’univers décrit soit si éloigné du nôtre, ce qui compte lorsque qu’on tourne les pages de ses romans, c’est qu’on parvient à se mettre dans la peau de Fitz, Burrich ou Molly tant elle a si bien saisi et décrit les méandres de l’âme humaine. »

(CV) : « Définitivement Pierre Bottero avec la saga d’Ewilan, le premier livre que je me rappelle vraiment avoir lu et la plus grande source d’inspiration pour mes premières tentatives d’écriture.
Aujourd’hui, j’ai deux auteurs favoris : Andrzej Sapkowski pour l’incroyable saga du Sorceleur, qui a complètement changé ma vision de la fantasy et dont j’espère approcher un jour la qualité d’écriture, et Dmitri Glukhovsky avec la trilogie Metro, une dystopie simplement géniale même si la lenteur du rythme peut en rebuter certains. Les œuvres provenant d’Europe de l’est et de Russie ont une façon de communiquer l’intériorité des personnages, leurs dilemmes moraux et leur complexité qui est bien plus profonde que dans ce qui nous vient des États-Unis, par exemple. »

Fin de la première partie de cette longue interview, à suivre dans quelques jours avec les questions croisées…
Vous pouvez retrouver de courtes biographies de ces quatre auteurs de talents sur les pages que nous leur avons dédiées :

Eglantine Gossuin & Constant Vincent
Stéphane Triquoit & Vendarion d’Orépée

Pour la deuxième partie, c’est ICI

Et découvrez aussi Fantastique en pays de Chièvres sur notre site :

des Editions Kelach.

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[Dédicaces] C. Fayet-Charrat à Chasseneuil (29.09.2019)

Dimanche 29 septembre,
vous aurez le plaisir de retrouver
Corinne Fayet-Charra
au
Salon du Livre et de la Plume.

Celui-ci se tiendra à la salle des fêtes de
Chasseneuil sur Bonnieure (16)
de 10h à 18h.

Notre autrice vous dédicacera son roman
Les Signes de la vie
ainsi que son roman jeunesse
Les Contes de Big et Bang.

Ce dernier fait partie de la série Les Contes des 2 Comtés.
Corinne Fayet Charra disposera également en quelques exemplaires de l’ensemble des titres actuellement disponibles de ces histoires se déroulant dans le merveilleuse île des 2 Comtés.

Enfin, vous pourrez aussi acquérir (à prix réduit) les anthologies à frissonner Ghostwriters et Contes nippons au coin du feu,
ainsi que Le Sceptre de Râ, premier roman d’une trilogie écrite par Tino Moreira.

Ne manquez pas ce rendez-vous !

Et bien sûr, vous pouvez acquérir toutes les publications de Kelach
sur notre boutique :

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AT Dystopie à la Française : Adresse Mail

A tous les auteurs qui nous ont envoyé un texte pour l’AT Dystopie à la Française :

Il semblerait que certains mails contenant vos proses ne nous soient peut-être pas arrivés – mais bien sûr, nous ne savons pas qui.
Si vous n’avez pas eu d’accusé de réception pour votre nouvelle, nous vous demandons de nous renvoyer votre texte à l’adresse suivante :

nouvellesgraines.kelach@gmail.com

Vous avez jusqu’au 8 septembre minuit.

Merci

Avec toutes nos excuses pour ce dérangement.

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